Requiem d'une illusion...

Requiem d'une illusion...
Cette fiction m'ennuie, j'ai fini de l'écrire. Elle est en ligne dans les deux articles suivant.
J'en es commencée une autre "requiem-of-a-phantasm".

# Posté le samedi 05 juillet 2008 10:06

Modifié le dimanche 09 novembre 2008 07:46

Il n'y a pas une raison à tout.

Il n'y a pas une raison à tout.
Prologue.
__________

Elle est tout ce que je hais, déteste, méprise au plus haut point. Tout ce que je ne peux pas supporter. Le comportement le plus ignoble, celui qui me fait craquer. Je la hais; plus que tout, plus que n'importe qui sur cette terre. Elle n'a rien à envier, rien à donner. C'est une fille pommé qui ne croit en rien, ni en dieu, ni aux anges, ni à la bonté humaine, ni à la vie. En rien. Rien ni personne. Elle ne donne jamais sa confiance. Et le pire dans tout ça, c'est qu'il y en a qui la supporte, qui font avec.
Cette fille c'est moi et vous n'avez pas finis de lire que je me hais sur tous les bords possibles.

Éclairer, l'obscurité.

1.
__________

Le métro. J'ai toujours aimé le métro. Assise sur une vieilles banquette sale et abimé, je zieute les gens du coin de l'½il; je m'amuse, vraiment. En réalité je cherche leur plus grand défaut. Ainsi je suis rassurée parce que je me dis que je n'ai pas ce défaut là. J'imagine leur vie; comme ce jeune homme, habillé très classe qui n'a pas encore assez de fric pour se payé une voiture et qui sait que, de toute manière, avec les embouteillages, il arriverait en retard, serait virer, et ne pourrait pas payé la pâté de son chat. Cette vieille dame, qui prend toujours le même métro, à la même heure. Qui s'arrête à la même station, tous les jours. Tous les jours. Qu'attend-elle? Où va-t-elle? Peut-être voir son mari au cimetière, la station à laquelle elle s'arrête n'est pas si loin de cet endroit. C'est étrange, de voir à quel point le désespoir et la solitude poussent les gens à faire toutes sortes de choses répétitives pour vivre.
Je suis une mal polie. Je suis Angie. C'est un prénom si original et si naturel à la fois quand on me voit avouez-le. C'est surement la seule chose que j'aime chez moi. Mon prénom. Il fait penser à une petite poupée fragile et sans défense me disait ma grand mère. Depuis la première fois qu'elle m'a dit cela, j'ai tout fais pour être tout le contraire d'une petite poupée fragile et sans défense. Je sais me débrouiller seule, j'assure, je suis assez forte pour ça. Je me hais pour ça, mais je suis ainsi. J'habite Paris. Une ville en pleine dégradation et délinquance à en vomir. C'est pitoyable. Mais j'aime cette ville. Il y a toujours quelque chose à faire, à voir. Je suis en première littéraire, anglais renforcé. Tout le monde s'en fou, pas moi. Je suis le traducteur de tout le monde; à croire que je suis un dictionnaire vivant, je devrais être payé pour chaque mot demandé tiens! Je n'ai pas le look qui passe inaperçu . Garçon manqué, androgyne parfois et très mal vu par beaucoup de fille de mon bahut. Comme d'habitude: rien à faire. J'ai une réputation de lesbienne, qui baise tout ce qu'elle trouve, alcoolique et droguée. Cool.
Je suis donc dans ce métro, en direction de mon lycée. Le métro s'arrête, la petite vieille descend, elle se retourne avant que les portes ne se referment et me regarde, droit dans les yeux. Je suis déstabilisée et baisse le regard. Le métro redémarre et quelques stations plus loin, je descend, monte les escaliers menant à dehors, et me retrouve dans la rue de mon lycée. De petites putes. Toutes. Sans exception. Bon d'accord excepté quelques unes avec qui j'ai lié certaines affinités tout de même. Je vois au loin Sarah qui me fait de grand signe de la main.
Sarah c'est une grande folle. Elle se résume en un seul mot: galère. C'est plus fort qu'elle, il faut toujours qu'elle se fasse remarqué, qu'elle se retrouve dans le bureau de proviseur pour gueuler parce que la nourriture de la cantine est dégueulasse, faire des manifestations, gueuler à ne plus avoir de voix. Sarah c'est de la folie pure, mais on l'aime ainsi. J'aimerai être comme elle parfois.
Je marche jusqu'à elle, lui fait la bise et nous nous mettons à parler, de tout, de rien, de la fête de samedi. Et puis Sarah commence à entamer une discussion sur l'homosexualité. Ainsi, comme je le craignais, trois filles qui écoutaient surement ce que Sarah disaient vienne vers moi et me demande si les rumeurs sont vraies.

- Mais bien sur qu'elles le sont. Après tout c'est tout à fait crédible, je suis un garçon manqué, une fille qui s'habille si différemment des autres et des manières tellement peu soignées que même si vous n'écoutiez pas les rumeurs vous vous seriez dis: elle, elle est lesbienne. Oui car c'est bien connu , toutes les lesbiennes portent des pantalons moulants, des t shirt larges et des chaussures plates, toujours. Alors oui, je suis l'exemple parfaite de la lesbienne, et criez le sur tous les toits si cela vous fait plaisir, mais je m'en contre fiche, vous pourrissez dans votre supériorité à deux balles croyant être les plus fortes. Je suis plus forte que vous, Je ne suis pas de celle qui s'écroule parce que les autres tente de l'écraser. Essayer toujours de m'en foutre plein la gueule, avec vos talons de vingt centimètres, sachant à peine marcher dedans. Je ne suis pas de celle qui vont pleurer parce que vous et vos sales gueules de putes trouver quelque chose d'intéressant à faire passer dans ce lycée pourri. Mais continuez. Plus vous continuez, plus je serais forte. Je ne craquerai pas, je ne suis pas là pour vous, je suis là pour réussir, et croyez moi, je vais rire, quand, lorsque moi je sauterai de joie d'avoir eu mon BAC avec mention et vous, pleurant de n'avoir rien du tout, je rirais là oui.

Je suis partie. Tant pis pour les cours. Mais là non. Je suis partie. J'ai marché sans m'arrêter, je n'avais pas envie de prendre le métro. Mon portable vibre. « Sarah ». Je ne décroche pas. J'ai continué à marcher, marcher encore. Jusqu'à arriver devant une immense grille. Je l'ouvre, entre dans une sorte de jardin. Je croisais la vieille dame, oui celle du métro. Je lui fit un sourire timide et forcé. Quelques gouttes tombaient à terre. Le c½ur serré je me mis à courir. Manquant de tombé entre les pierres de marbre, posé à terre, gravés de nom, de poème. Je suis arrivée. Je me met à genou et le regarde. Son prénom. « Un ange sur terre durant 17 ans ». David. A croire que tu es l'épaule sur laquelle je tente toujours de me tenir. Même si aujourd'hui cette épaule est invisible. Je t'en ai voulu bien trop longtemps et aujourd'hui, c'est surement toi qui m'en veut le plus. Je te comprends. Je ne fais rien pour changer, et je ne ferais rien David, rien. Tu n'as pas à me donner d'ordre, tu sais à quel point je t'aime. C'est tout ce qui devrait compter pour toi car, cela ne changera rien. Je vois pas pourquoi tu me pousse à changer, je suis très bien ainsi. Très bien. Ok? Ne t'en fais pas pour moi, ne t'en fais pas, y a du monde qui veille sur moi sur terre et en plus de toi là-haut. Je me doute bien que tu dois t'ennuyer entre deux nuages, alors j'espère que tu me regarde de temps à autre et que tu souris parce que je te parle, que je crois que tu ne m'entends pas mais tu m'entends en réalité hein? Tu m'entends. Je me dis souvent que tout ça c'est dans ma tête, que je me fais des idées, je m'illusionne. Tant pis. Je m'illusionne pour toi, alors aucune importance.

Je me suis levée. J'ai regardé une dernière fois son prénom gravé en lettre majuscule. Et je suis repartie. Je ne sais pas où aller, j'ai envie... de quelque chose. Plus loin, je sonne chez Romain. Un ami. Le seul qui m'a jamais laissé tombé. Le seul. Il ouvre, voit ma mine un peu déconfit et me prends dans ses bras. On va dans sa cuisine, il fait chauffé un couteau, coupe un carré et me le file. A chaque clique de mon briquet, l'envie montait. Angie est une conne, elle va mourir ainsi. Ahah, comme si elle en avait quelque chose à foutre de la manière dont elle allait mourir. Feuille, tabac. Hop ! Roulé. Clique. Tire. Bonheur. Plane.

Plane... Plane... Plane...

2.
__________

Je n'ai plus de voix. A 18 ans. Tragique me direz-vous. J'aurai pensé garder le gout magique d'une fin de concert plus longtemps que ça. Vous savez celui qui vous reste au fond de la gorge, qui ne vous quitte plus avant quelques heures. Non bien sur, vous ne savez pas, car vous ne faites pas de concert. Disons que ce gout, je l'ai perdu depuis quelques mois. La cause en un mot? Commercialisation. Personne, personne ne m'en veut, ça fait partie du jeu. Parait-il. Il faudra bien que je m'y fasse, je suis usé. Toute ma vie, si courte soit-elle, j'y ai cru; j'y ai cru à cette célébrité, la belle célébrité. Celle qui vous fait planer à plus de 15 milles pieds. Celle qui vous fait toucher à tout. Au ciel surtout. Un peu plus et je touchais les étoiles, voir les satellites. Mais non. Je suis vite redescendu. Et mon frère est au bord du gouffre. Bordel. Je suis vide. Vide de tout. Plus il se décompose, et plus je le suis. C'est le principe des dominos. Il tombe; je tombe. Mais c'est bien plus que tomber à ce niveau. C'est de l'enterrement. Un trou dans la terre, une pierre de marbre qui se forme, jour après jour. Je crois qu'il a autant perdu ses doigts que moi ma voix. Ils sont tout aussi usés que mon âme. Voir plus. Le pire? Son c½ur. Enfin ce qu'il en reste. Le risque qu'il a prit? Jouer. Jouer avec la gent féminine comme si celles-ci n'étaient que des pions sur un échiquier. A trop jouer on finit par être le perdant de son propre jeu Il a perdu. Tout perdu. Ses yeux qui exprimaient tant de chose auparavant, n'exprime que le vide immense qu'est son c½ur. Je n'arrive plus à lire en lui, comme avant. Comme avant, quelle rigolade! Plus rien n'est comme avant. Plus rien. C'est déprimant, badant mortel, irrespirable. Mais on ne peut pas s'arrêter, c'est encore plus tragique que mon extinction totale de voix. On ne peut pas. On a signé. Le pacte du diable avec un démon d'une maison de disque prochaine à droite , dans les enfers . Nous deux liés comme des doigts à une main, ne ressemblons aujourd'hui qu'à deux personnes totalement différentes et étrangères.
Je monte la dernière marche de l'escalier. Il est là. Assis sur le rebord du toit de l'hôtel. Il regarde le vide. Tout à coup je pense à un de nos clips. Ce que j'avais le vertige ce jour là. Ne me fais pas un remake de cette putain de vidéo complètement bidon je t'en pris. Mon frère, mon sang, mon jumeau. Ah qu'on est beaux là, tous les deux, comme déchirés par la vie. Bill et Tom Kaulitz. Morts. Quoi dire d'autre? Chanteur et guitariste d'un des plus célèbres groupes rock. Tokio Hotel. Mon dieu, ça me parait si loin tout ça.

- Bill?

- Oui?

- Je veux pas que l'on me sauve, seulement que l'on me laisse. Pitié.

- Non Tom, non. Jamais. Je ne pourrais jamais te laisser, tu es mon frère .

- C'est la seule raison valable que tu as? Alors laisse-moi, ça ne me suffit pas. Plus rien ne me suffit.

- Rien ne t'as jamais suffit, alors je ne te laisse pas.

- Laisse moi! Laisse moi putain!

Je vis Tom se lever et cogner ses chaussures contre un poteau planté au milieu du toit. Il ne faut pas qu'il s'énerve, je ne veux pas que ça recommence. Tom s'énervait de plus en plus, il cognait partout. Il se mit à genou et cogna le sol. Jusqu'à voir que son poing était en sang. Je couru vers lui, le prit dans mes bras. Il me repoussa.
Je le hais lorsqu'il ne veut plus rien de moi. Je le hais depuis des mois à vrai dire. Mais je l'aime à la fois. Pourquoi avait-il fait ça? On avait pas besoin de ça. On a des fans par milliers, dans le monde entier. Toujours plus, monsieur Tom Kaulitz en veut toujours plus, et là... Jackpot. Le top du top. La cerise sur le gâteau, la gloire éternelle. Bon dieu. Après tout aujourd'hui, notre réputation m'importe peu, voir plus. Je m'en contre fiche. Ce qui me détruit c'est dans l'état qu'il est, là, maintenant. Je ne sais pas ce qu'il lui a prit. Il doit regretter, j'espère bien qu'il regrette! Et quelle idée de faire ça en plein concert. Je tente de ne pas ressasser tout ça. Il faut que je le calme.
Il était front au sol, recroquevillé. Je m'approchai de lui, doucement et je mis mes deux mains sur son dos. Je ne savais pas quoi faire. Que devrais-je faire après tout? Le laisser seul? Le prendre dans mes bras en redoutant qu'une fois de plus, il me repousse. Je mis ma tête contre sa nuque.

- Je suis là Tom, t'es pas tout seul, cesse de croire que tu l'es .

- Je ne suis pas seul, j'aimerai l'être, là est le problème. Fous moi la paix Bill. T'as pas compris? Ta présence me tue, j'en peux plus de toi, ok?

Et là je fais quoi hein? Je pleure, je le frappe, je m'en vais. Je me tue peut être, hum? Bonne idée. Mais non. Je suis d'une lâcheté bien trop grande pour me jeter de ce toit. Je le pris par les épaules et le secoua pour qu'il me regarde dans les yeux.

- Tu peux bien me haïr, me détester, personne ne peut te haïr plus que je ne le fais en ce moment même Tom, tu es une pourriture, que veux-tu entendre d'autre? Je n'y peux rien.

- Non Bill, je me hais plus que tu ne le fais. Ne t'en fais pas pour ça, je suis le plus détesté des deux. Je suis un égoïste, immonde. Détestable, totalement détestable.

- On a un concert demain, le parc des princes tu sais.

- Quelle importance.

- Il n'y en a pas, seulement c'est une obligation.

- Ras le cul des obligations. Ras le cul de tout.

- Pareil.

Toujours pareil...

3.
__________

Ok. Je suis une camée. Ça vous va? C'est surement la rumeur la plus crédible qui court autour de moi. Avec le fait que je bois, beaucoup, beaucoup trop. Je ne vous sortirai pas le discours le plus courant chez les consommateurs. Vous savez, celui qui se résume en quelques mots: Moi, j'arrête quand je veux, c'est juste pour m'amuser lors des soirées, je ne suis pas accro, j'ai juste le fric, alors pourquoi ne pas en profiter?
Et pourquoi en profiterais-tu? N'as tu pas besoin uniquement de tes potes pour t'amuser, pour rire, danser. Après tout le plus beau mot à ce jour qui croise celui de l'amour, l'amitié et le bonheur, ne serait-il pas souvenir? Et tu dois savoir comme moi petit drogué que, la tizz et la came t'enlève la plupart de tout ces souvenirs. Ton esprit ne se rappelle que peu de chose, oublie, mélange. Mais c'est tellement bon n'est-ce pas? Planer, encore et encore. Je suis pareille que toi. La seule différence mon petit, c'est que moi je sais que je ne fais pas tout ça pour m'amuser. Je ne fais cela pour aucune raison. C'est juste comme ça. Pourquoi, pourquoi pas? C'est ainsi.

Nous sommes samedi. Ce soir il y a une fête, comme toutes les semaines ici. J'habite dans un appartement du 16ème, à Passy oui. Pas de cliché s'il vous plait sur cet espèce de groupe de "rap" qui malgré tout, exprime ce qu'est totalement ce quartier. Des bourges de 40 ans, divorcés, poisson exotique dans l'aquarium et présents dans leurs appartements uniquement la nuit. Les vieilles qui déambulent dans les grandes avenues, passent leurs journées dans les magasins tels que Chanel, Louis Vuiton et Prada. Des putes, jamais chez elle, toujours dehors, trainant, riant plus fort qu'un klaxon de parisien enragé dans un embouteillage. Et des kéké de 26 ans, célibataire dans un 200 mètres carré, ne vivant que pour le boulot. Et il y a moi. Je ne me vante pas en disant être l'exception de ce quartier mais j'avoue que j'en suis une. Ahah. Il n'y a qu'a regarder. Je suis une bête de foire, un monstre, un alien. Je ne suis pas comme tout le monde. Je m'en veux parfois mais le jour où on me verra en talon aiguille et jupe, il pleuvra des billets de 500.
La fête. Comme d'habitude on m'y invite. Pourquoi? Ah et bien parce que je suis fouteuse d'ambiance. Je suis La fille qui sait ramener les personnes fournisseurs d'alcool et de substances illicites. Cool non? Mauvaise réputation. J'ai l'habitude. L'habitude que l'on me fixe comme si j'étais la droguée du 16ème. Comme si j'étais là seule, je ris jaune. Le cliché du 16ème: beauté, richesse, étude parfaite, boulot. Ceux qui établissent ce genre de cliché ne vont pas dans les fêtes d'Open. Sex, drugs, and alcool. Ça à l'air démodé et totalement blasant mais c'est ainsi, depuis bien longtemps. Open c'est la fille la plus populaire du 16ème, celle qui connait tout le monde. Je la connais aussi, bien sur. Qui ne la connait pas? Pourquoi Open? Allez comprendre. Si on devait la mettre dans une catégorie je dirais pute sans hésitation, même s'il lui arrive d'avoir une dose d'humanité dans l'½il parfois, parfois hein. Oui ici on classe. Moi je suis l'alien, les autres sont des humains, sauf Open qui est entre l'être humain et la chienne. Mais attention la chienne pure race, avec un caractère bien comme il faut et une tendance à lécher l'entre jambe des messieurs.

2 heures du matin. J'entre dans la boite. Open l'a réservé pour la soirée. Bondée. Ma bande et moi nous nous glissions parmi les gens pour arriver à la table qui nous était réservé. Il faut savoir que les alcools des mignonnes boites de Passy sont: smirnoff ice et malibu. Et sinon vous avez de l'alcool? Du vrais? Alors c'est simple, mes amis sortent chacun de leurs sacs une bouteille 1.5L remplit de rhum-orange, sky-coca. Voilà de l'alcool. La musique est sympa... De la petite techno mignonne quoi. Romain s'approche du DJ et lui demande s'il peut proposer quelque chose. A mon plus grand bonheur mes oreilles bourdonnent au premiers son de Digital War , d'Asphyxia . B o n h e u r _ t o t a l. Pas de petits sons merdiques qui font sauter à la va vite. Du gros son, du pur. Romain je t'aime bordel. Je m'élance sur la piste et je me met à danser avec lui et un autre pote Simon. Ces pauvres petits bourges nous regardent comme si on violait la loi. Puis je pris la main d'Open qui me regardait en souriant et me mit à danser avec elle. Elle savait que j'avais une réputation de lesbienne, le seul truc, c'est qu'elle aussi avait cette rumeur sur le dos. Bienvenue au club ma vieille. C'est là que l'on s'amuse. Et voila! On nous regarde tous comme des dépravés. On est dépravés, cassés de l'intérieur, complètement brulés, et on aime ça. Les bouteilles tournent et la tête des gens aussi. La mienne commencent tout juste à valser. Open me tire hors de la piste, je fais un rapide geste à Romain disant que je reviens.

- Qu'est-ce qu'il se passe?!

- Ils faut que j'te les présente.

- Pardon?

- Viens.

Elle me tire à nouveau et nous montons sur la mezzanine. C'est le carré V.I.P, où elle et ses plus proches amis viennent. Dos à moi se trouvaient plusieurs personnes. Mais je ne voyais rien. Rien du tout. Open se mit devant eux, je la rejoignis. Ah O K.

- Nan! Open! T'as pas ramener Tokio Cocktail à ta soirée quand même?

- Hotel, Tokio Hotel.

- C'était de l'humour.

- Tu ne les aimes pas?

Un des gars se leva. Je ne savais rien d'eux à vrai dire et je ne voulais pas réellement savoir. Il prit ma main , limite de force, et me la serra avant de se rassoir.

- En fait je connais pas vraiment. Mais je m'en fous. Tu m'as interrompu en pleine danse pour ça?

- Hum ça... Tu pourrais être plus gentille. Et leur parler anglais, qu'ils comprennent.

- Ah ils ne comprennent pas un mot de français? Cool. Ecoutez les gars je n'ai rien contre vous mais j'ai dû écouter une fois dans ma vie votre musique, vous avez l'air d'ado sans intérêt alors sur ce...

Et je suis descendu plus vite que l'éclair les escaliers pour rejoindre mon Romain. Tokio Hotel non mais je vous jure. Open a toujours des idées débiles. Il était là, il dansait avec une fille, plutôt belle d'ailleurs. Il a toujours le don pour en trouver une en 5 minutes chrono. Miracle! Les petits bourges ont rejoins la scène. Ça se déhanche, ça remuent . Idée, idée, idée. Je ne sais pas si j'ai été la seule à le remarquer mais les deux petits du milieu, sur le canapé, les Tokio machin là, ont l'air bien cassés par quelque chose. J'attendais qu'Open descende pour remonter. Je m'assoie à côté d'eux, réfléchissant à comment tourner ma phrase en anglais.

- Salut les gars, ça vous dis un trip?

- Quel genre?

Cette voix bordel. Celui à la casquette venait de parler. Il avait un look totalement hors du commun par rapport aux trois autres. Hors du commun. A nous voir, lui et moi sommes vraiment les aliens de la soirée. Pour une fois que je ne suis pas la seule.

- Du genre cool.

- Files.

Je lui donnais un cachet, en proposa aux trois autres, mais ils n'en voulurent pas. Ok, tant pis, ça en fera plus pour les autres.

- C'est quoi vos prénoms sinon?

- Tu ne nous connais pas du tout alors?

Le brun qui ressemblait beaucoup à celui à la casquette me regarda d'un air surpris.

- Je crois avoir entendu que vous deux étiez jumeaux.

- Exact.

Je ne suis pas méchante mais si ce dreadeux n'arrête pas tout de suite de parler je vais me fâcher.

- Je suis Bill et voici mon frère Tom, nos deux amis Gustav et Georg.

- Ça c'est du prénom allemand!

Ils me regardèrent. Je ne saurais lire ce que leurs yeux me disaient. Surpris, amusé, un peu énervé peut-être.

- Pardon.

- Ce n'est pas grave. Bon on va danser?

- T'as envie de danser Tom?

- Ouais; ça me donne la pêche cette musique.

- C'est plutôt le cachet qui te donne la pêche.

Gustav avait lancé ça d'un ton horriblement mauvais. Plein de ranc½urs.

- Va te faire foutre.

Tom me prit la main et on descendit sur la piste. X-Fusion. Romain me gâte ce soir! La soirée passa très vite. Romain était défoncé, sortit 3 fois des toilettes des filles, avec 3 filles différentes à chaque fois. Les petits bourges snifaient discrètement leurs rails sur les banquettes de la boite. Tom et moi avons danser pratiquement tout le temps ensemble. Du peu que j'avais entendu parler d'eux, on m'avait dit qu'ils étaient sans arrêt poursuivi par des gamines en chaleur totalement accro au groupe. Ça devait être faux, personne ne les reconnait, ou alors ne va les voir. Cet espèce de rasta aux allures de rapeur m'avait l'air sympathique, mais perdu totalement perdu. Comme s'il n'avait ni âme, ni c½ur. Pas de méchanceté, seulement du vide. Ses sourires, ses regards, tout exprimait le vide. Je n'aimais pas ça! Arriver à
comprendre quelqu'un rien qu'en le regardant. Je me hais quand je fais ça, je me hais parce que je n'aimerai pas que l'on me zieute, que l'on me scanne, jusqu'à tout savoir de ma propre personne.

6 heures du matin; je sors de la boite, me tenant comme je peux contre le mur. Simon essaye de tenir Romain mais celui-ci hurle qu'il a encore envie de danser. Danser avec quoi mon pauvre? Tu ne tiens même plus sur tes pieds, tu vacilles. Je me sens tombé. Mon c½ur bat trop vite et ma respiration est saccadée. Quelqu'un me rattrapa, je ne vis pas qui. Mes yeux s'ouvrit de temps à autre et j'apercevais de longs cheveux blonds cendrés. Il murmurait des mots que je ne comprenais pas. Je gemis. Il me posa contre un mur.

- Ça va aller ?

Oh pitié pas d'anglais. Je ne suis pas en état de parler une autre langue.

- Pro.. prochaine à g..gauche...

- Quoi?

- Prochaine... à gauche.

Je me forçais pour qu'il retrouve le chemin de chez moi. Une fois arrivé devant ma porte, grâce à mes indications en code, tels ceux de l'armée. Je lui donnais mon sac, qu'il trouve mes clefs. Info du jour: ne jamais laisser son sac à un homme. 1) il ne sait pas chercher. 2) il va tomber sur des tampons et notre carte d'identité datant du CM2. Un clique, on est entré. Je me tiens à lui comme si j'étais au bord d'une falaise prête à tomber. Je vais tomber. Je te jure... David je vais tomber. Et vu que tu es en haut, tu n'as aucune chance de me rattraper. Je veux... pas tomber. Je ne veux pas. Ça me fait peur les gouffres. Merde! Pas le temps de me rendre compte que je fais déjà une crise de paranoïa. Je me débat, je demande à Tom de me lâcher, je hurle: fuck off dans tout le hall. Pour éviter de réveiller les gens, il me lâche et je vais pour ouvrir la porte extérieur mais il me prend les bras d'une main et me couvre la bouche de l'autre. Ok, j'ai plus que peur.

- Qu'est-ce qu'il se passe Angie? Je vais pas te faire de mal putain je vais te foutre dans ton pieu pour que je puisse rentrer à l'hôtel, je suis pas un violeur.

Il retira sa main. Je n'osais pas ouvrir la bouche.

- C'est... c'est pas de toi dont j'ai peur... C'est les... les escaliers. Je vais tomber...

- T'en fais pas. Tu habites au combien?

- Second.

- On est parti, accroches toi à moi.

Accroches toi.

4.
__________

Qu'aviez-vous cru ? Que nous étions quatre adolescents, innocents, sans défense? Des p'tits jeunes qui se la pètent avec leur salaire mensuel que jamais personne ne touchera en un an. Non. On se l'est pété. Plus d'une fois. Mais pas pour nous. Pour eux. Ces enculés. Le diable en un mot: production. Quoi vous pensez que nous n'avons pas à nous plaindre? Et bien si, on se plaint, en bonne petite starlette. La pression. Le truc le plus ingérable au monde. Nous n'avons rien de gars innocents. Vous croyez que parce que Georg et Gustav sont mi en arrière se sont les anges du groupe. Je ris. Détrompez-vous. Ne vous fiez pas à la tête toute mignonne de Gustav et le sourire sympatique de Georg. Des salauds, tout comme moi il faut dire. Georg se tape tellement de fille en une soirée qu'il doit dépenser plus en capote qu'en nourriture. Gustav profite de son statut de star pour mettre tout le monde à ses bottes. "Et fais ceci, et fais cela". Et Bill? Ah Bill je rigole encore lorsque je vois à la télévision ou sur les journaux que Monsieur croit en l'amour et ne baise que lorsqu'il est amoureux. Mytho. Ce très cher Bill que vous voyez comme un petit ange qui écrit de belle parole pour se faire bonne conscience n'est qu'un grand infidèle qui a déjà baiser bon nombre de petite groupie. Je prendrais ça pour du profit de jeune fille en pleine crise d'ado, mais dans le genre; je suis pire. Pire qu'eux. Bien pire. Si vous pensiez que nous avons un moral d'acier pour tout supporter. Concert, interview, rumeur, photos... Arrêtez de penser ça. Nous ne supportons rien. J'ai dû tomber dans la drogue l'année dernière. Je vous assure qu'à partir de là, je pouvais enchainer trois concerts à la suite. Je ne sentais plus aucune douleur et ma vision des choses était toute autre. Qu'est-ce que j'ai pu m'en faire des salopes grâce à cette merde. L'extasy, le LSD, la coke, le oinj, l'héro. Je crois que j'ai fais le tour de ce à quoi je carbure durant les tournées. Ca vous en bouche un coin hein? Le petit dreadeu Tom Kaulitz ne se nourrit pas que de baise et de guitare, malheureusement. Je suis un méchant garçon. Je suis de ceux qui vous bousille votre vie en quelques minutes; vous ne comprenez pas? Je vous explique. Je suis le monstre de la bande. Si vous pensiez que j'étais simplement un joueur, un don juan, un tombeur, un émant à nana, oubliez. Je suis bien pire. J'attrape et je détruis. Je détruis tout, physiquement et mentalement. Surtout mentalement, ça reste, ça s'incruste et ça m'fait jouir. Ouais. J'adore voir une fille en train de chialer sur le bord du lit, une capote usagé au coin de la chambre et moi qui souris, qui souris encore et encore, à n'en plus finir. Ca ne finit jamais. A croire que je suis un sadique, j'aime voir les gens souffrir. Je me console ainsi, en me disant que ma vie n'est pas si terne que je le croyais. Elle l'est. N'est-ce pas? Oui elle l'est. Ma vie se résume à Bill, Tokio hote, rumeurs, drogue. Cool non? La plupart des gens pensent que nous adorons jouer sur scène, que nous ne vivons que pour ça. Faux. La production vit pour ça. Nous la faisons vivre. Leur jouissance à eux c'est le fric apporter une fois le concert finis. Le notre.. On en a pas. On se contente de continuer. On pourrait tout arrêter. Avec le compte en banque que l'on a, on vivrait pépère toute notre vie. Alors pourquoi? Parce que sans ça Gustav ne mènerait plus personne à la baguette (quel jeu de mot) , Georg ne se taperait plus autant de fille, Bill ne jouerait plus le petit mec sympa qui se fou de la gueule de tout le monde et moi... Moi je n'aurai plus aucune raison de me défoncer. J'avais penser à arrêter. J'avais essayé un concert sans dope. Un seul mot: impossible. Je tremblais à en louper dix accords par chanson. J'ai dû interrompre le concert pour aller snifer quelque rails vite fait bien fait. La pression. Un truc qui vous bousille tout, vos amis, votre famille, votre vie entière. Belle gueule devant les photographes, sourire, toujours sourire. Et craquer. J'ai craqué. Il y a trois mois j'ai craqué, en plein concert. J'ai totalement pété un cable. Les rumeurs, c'est la chose qui m'insupporte le plus. Alors j'ai craqué et j'ai commis l'irréparable. Le geste. L'unique geste qui a fait qu'aujourd'hui des centaines, que dis-je, milliers de fans nous on totalement abandonnés. Je m'en fou quelque part. Ma gloire ne m'importe plus. Après tout je n'y peux rien si la plupart des fans (puis-je dire groupie?) de notre groupe n'aime Bill Kaulitz que pour sa belle gueule et sa sensibilité faussée? Je n'y suis pour rien quelque part. J'ai juste... aggravé la situation. Aggravé. C'est pas grand chose? On a pas tout perdu. Bill a dû perdre sa dignité tout de même. Et moi? Moi rien. Moi j'm'en fou de moi. Moi c'est rien, je ne suis rien. Qu'un monstre. Le monstre inimaginable. Celui qui cache bien son jeu derrière des faussettes, des clins d'oeils, des regards "mimi". Je suis Tom Kaulitz, et j'ai commis un crime. Ce que l'on peut appelé crime dans la société people. Le geste de trop. Le dérapage. Les mots qu'ils ne fallait pas dire. Dit c'est dit. Tant pis. Je suis égoïste en disant ça mais je le pense. Tant pis. Pour nous, les tournées, les fans, tant pis oui.

Je suis Tom Kaulitz, raté, camé, foutu, mort.
Et lors d'un concert, j'ai mis fin aux rumeurs sur mon frère. Rumeurs confirmées.
Dommage pour vous n'est-ce pas? Dommage pour vous la production.

5.
__________

Aujourd'hui, je me lève péniblement de mon lit. Il doit approcher les 2h de l'après midi. Je n'ai pas fais la fête hier soir, seulement j'ai un rythme de vie fixée les week end. Je n'arrive plus à m'en défaire. Couchée 4h du matin; levée dans l'après midi. Comme d'habitude je ressasse ma journée. Samedi. 2h30: arrivée de Lena à Orly. Hum... il est 2h Angie, et si tu te dépêchais? Non? Je cours dans la salle de bain. Je ne me presse jamais pour personne sauf pour Lena. Lena c'est la soeur que je n'ai pas, le sang qui me manque, le battement de coeur en plus. Non ce n'est pas exagéré. Lena c'est une part de moi. Douche, sèchage de cheveux à la vavite. Sarouel, t-shirt simple, keffieh, vans, sac. Partie.
Et merde. Ma mère. Je la croise dans l'escalier. Elle gueule après le chauffeur de taxi qui ne monte pas assez vite ses valises. Vous allez vite comprendre que a ma mère profite tellement du fait qu'elle se paye des chaussures Gucci à 450 euros qu'elle ne se rend même pas compte à qu'elle point elle est ignoble. Et si un jour elle s'en rendait compte, elle en aurait rien à foutre.

Ma mère. Un fantôme entre autre. Présente trois fois dans l'année. Pour l'anniversaire de mon grand père, pour le sien et pour noël. Et non, pas pour le mien. Pas que ça à faire. Sa maison? Los angeles, New York, Londres et Berlin. Paris ne compte pas. C'est chez personne Paris. Je ne pourrai même pas dire chez moi car j'avoue n'y être que pour dormir, et encore. Mon père? Inexistant. Ca doit bien faire un an que je ne l'ai pas vu. Ces deux là me font rire, ils ne se voient jamais, mais ne divorcent pas. Ont fait une gamine on ne sait pas vraiment pourquoi. J'existe pour eux uniquement lors de leurs coups de fil pour me demander si je n'ai pas encore bruler l'appartement ou si je ne suis toujours pas enceinte avec toutes les conneries que je fais. Non maman, non papa.

- Angie chérie!

Elle me sauta dans les bras. C'est toujours le même refrain. Elle me couvre de baiser, me caline. Ca doit être une méthode qu'elle a lu dans "Femme actuelle": comment ne pas perdre sa fille lorsqu'on habite à l'autre bout du monde?

- Comment vas-tu ma puce?

- Bien bien. Je dois aller chercher Lena à l'aéroport, j'allais appelé un taxi mais vu que tu as le tien, je vais le prendre.

- Tu ne veux pas prendre un thé avant?

- Non merci, je dois y aller. Salut.

Ma froideur vous étonne? Si vous saviez à quel point je m'en fou. Pour moi cette femme n'est ni ma mère, ni mon amie. Elle ne représente que la pute qui m'a enfanté avec l'abruti qui me sert de père. Il est 2h20, je vais être en retard. J'envoie un message à Lena pour la prévenir. Je ne fais jamais ça pour quelqu'un d'autre, je me répète mais cette fille est l'exception à ma vie.

Orly. Je descend du taxi et me met à courir le plus vite possible pour arriver devant la porte d'où elle doit sortir . L'avion a un peu de retard. Je suis chanceuse Ca y est, je revis. Elle est là ma belle Lena. La plus belle. Elle me saute dans les bras. On doit bien rester ainsi 5 minutes. Toi quand tu m'sers très fort, c'est comme un trésor, et ça, ça vaut de l'or. Un an que nous ne nous étions pas vu. Elle était partie au Mexique pour parfaire son espagnol. Ses parents l'ont envoyé là bas suite à plusieurs conneries qu'elle a commise. Je l'envie quelque part. Mes parents, que je fasse des conneries, que j'enfante un goss ou même que je me retrouve au poste pour détention de stupéfiant, ils n'en ont rien à battre. Ses parents au moins, même si la punition était sévère, se sont occupés d'elle. Elle était rayonnante, plus bronzé que moi, bien entendu. Nous nous sommes mise à parler, chacune notre tour, écoutant ce que l'autre avait à dire. Et blablablah! On ne s'arrêtait pas. On s'assit à la terrasse d'un bar. Café pour elle, jus de pomme pour moi . Info sur moi : je ne prends jamais ce que toutes les filles de Passy prendraient . Ce n'est pas vraiment un principe , je préfère le jus de pomme de toute manière. Lena et moi on a vécut dans Passy depuis toutes petites. On subit le regard des autres depuis toujours. C'est la seconde exception du quartier. Avec ses allures de punk, fringuée toujours de noir, elle non plus ne passe pas inaperçue. Mais elle s'en fou, comme moi.

Nous marchions sur les champs elysées. Personnellement je n'ai jamais sur pourquoi on ne dit pas "dans" les champs elysées, peut être pour éviter de passer pour des campagnards... Faire les magasins. Pour vous c'est surement: dépenser de l'argent dans une robe Chanel à 130 euros. Pour nous c'est chopé une jupe Black espèce à 450 euros (le genre de jupe sublime que toutes les mini rockeuses rêvent d'avoir). La technique? C'est un peu comme Cassie qui détourne l'attention pour faire croire qu'elle mange. Tu parles, tu parles encore, avec les gens ou la vendeuse, et l'autre pendant ce temps-là? Elle pique. Le premier truc sublime qui lui passe sous la main, elle le pique. Hop! Partie! Dans beaucoup de magasin, il n'y a pas d'anti-vol, la plupart des clients sont de vieilles mégères qui ont du fric, pas besoin d'anti-vol. Ca passe direct. Ni vu ni connu. Bien sur, pour certain, on est grillé. Mais jamais envoyé au poste de police. Je sais joué du fait que mon père tient la plupart des magasins sur les grandes avenues de Paris. Que croyez-vous? Je suis une fille de riche, de millionnaire. Je ne dirais pas milliardaire mais mon père doit approcher un compte en banque d'une douzaine de million. Je ne me vente pas, c'est ainsi, je n'y peux rien. Enviez-moi, il n'y a pas tellement à envier à vrai dire. Tout le monde me sors: Que ça doit être plaisant d'avoir une carte bleue que l'on peut sortir quand on veut, des fringues à gogo et des parents absents. Oui, si vous voulez.
Voilà, c'est notre "kiff" à nous. Rien qu'à nous. Piquer alors qu'on a largement l'argent pour se payer la boutique entière. Aujourd'hui inventaire: 3 t-shirts , 2 pantalons et une jupe magnifique.
Je vais sécher les cours, au moins une semaine. J'ai du temps à rattraper avec Len' . De toute manière ma mère repart demain. Comme d'habitude je l'aurai vu une minute en je ne sais combien de mois d'absence. L'habitude.

Mardi. Quatre jours que Len' dort chez moi. Ma mère est repartie le soir même. Pas le temps de lui parler, tant mieux. Pour parler d'étude ou de mes amours dépravés, pas l'envie, pas la force. Nous préparons une fête. Mon appartement n'a jamais été saccagé, je ne sais pas pourquoi. Pourtant avec toutes les fêtes qu'ils voit depuis un an... Je pense que c'est parce que les gens que j'invite savent bien que s'il y a le moindre objet pété mon père serait capable de détruire ceux des autres d'un simple coup de fil. Je suis puissance, arogance et d'une méchanceté bien cachée. Je sais. J'assume. Ou pas.
23h: les gens arrivent . Romain, Lena, Sarah et Kiyu arrivent en premiers. Mes seuls vrai amis. Kiyu c'est ma japonaise, la seule, l'unique. Celle qui a le don de rire et de communiqué son délire à tout le monde. La sociable. Mais une vraie hein! Puis les autres sont arrivés. Ceux que je hais, mais qui viennent tout de même parce que le prozac c'est bon, le LSD aussi et que j'ai besoin d'oublier. Oublier que je ne peux pas oublier.
3h00: Je suis totalement défoncer. Je sais même plus ce que j'ai pris. Ma Len' est dans le même état et j'aime pas ça. Moi j'm'en fou, de me détruire la santé à coup de truc immonde; plus immonde les uns que les autres. Mais elle, non, j'veux pas. Je suis une égoïste, mais non, je ne veux pas. Sarah à la gueule dans la cuvette, comme d'habitude, Kiyu avec sa gueule d'ange c'est déjà mis dans la poche mon Romain, fais attention, c'est pas un ange lui... Pas vraiment disons. Mon portable vibre.

- Allo?

- Angie?

- Ouais...

- C'est Tom...

- Comment t'as eu mon numéro?

- Open me l'a passé.

Discrètement je regarde Open d'un regard plus que noir, mais elle ne me voit pas pensez-vous bien, elle est à moitié en train de baiser sur mon sublime sofa en cuir avec un mec dont elle ignore surement le prénom. D'ailleurs, je ne le connais pas non plus. Rien à foutre.

- Oui et alors?

- J'suis devant chez toi.

Mon coeur fit un drôle de truc à cet instant, je connais un peu ça, mais j'ignore. J'ouvre ma fenêtre et je le vois. Toujours fringué comme un gangster des States. En compagnie de son frère Bill. Je l'aime pas celui-ci, il prend les gens de haut, il fait batard. C'est surement vrai.

- Entre...

Il disparu dans le hall. J'aime pas cette saloprie d'organe qui sert à rien. Me refait jamais ça put*n de coeur.

5h00: La plupart des gens sont raides morts par terre ou sur les fauteuils. Kiyu skouatte ma chambre avec Romain. Lena pleure dans son coin. Je préfère la laisser, je sais qu'elle peut être méchante ou chiante quand elle est comme ça. Je suis assise sur la fenêtre de la cuisine. Cette immense cuisine ou je ne vais jamais. Je ne mange jamais chez moi, pourtant le frigo est plein. Je crois que c'est mon grand père qui le remplit, pour faire genre. Il vient parfois à la maison, me prépare à manger et je ne mange pa, ou peu, pour faire genre, toujours. Toujours faire genre. Je fume une clope, la tête me tourne. Je tremble. Je n'ai pas peur de tomber, ça me ferait même rire de tomber. M'exploser la gueule du deuxième étage, finir ma vie brancher de partout dans un hôpital qui pue la mort. Tom est à côté de moi, il fume aussi.

- Tombes pas hein!

- Et pourquoi pas ?

- Et pourquoi ?

- Réponds avant.

- Parce que, tu te rends pas compte que les gars de l'entretien à la police on les paye tout juste assez pour qu'il nettoie le sang que tu vas laisser.

- Ca devrait me faire quelque chose?

- Non; c'était juste pour parler.

- J'avais bien compris. Pourquoi t'es venus?

- On se baladait avec Bill et on est passé devant chez toi, il y avait de la musique alors voilà.

- Oui bien sur.

- Tu ne me crois pas?

- Je ne crois pas grand monde. Surtout ceux qui tiennent ce genre de discours peu crédible.

- Tu ne vas pas dormir?

- J'suis pas fatiguée.

- J'ai une question... Tu as un appartement magnifique, des parents surement très riches, alors pourquoi ce look de clodo?

- Parce que. J'aime sortir du lot, j'aime ce look de clodo, comme tu dis.

- Sortir du lot de tout tes amis présents aujourd'hui?

- Mes amis?! Laisses-moi rire! La plupart je ne les connais pas. Les seuls que j'aime ici sont Lena, Romain, Sarah & Kiyu .

- La p'tite aziat là?

- Ouais.

- Mon frère la trouve mignonne.

- Il a raison.

- Je vais peut être y aller. Tu sais où est Bill?

- Aucune idée.

- Tu sais quoi?

- Ca fait beaucoup de question.

- J'ai envie de t'embrasser depuis tout à l'heure.

- Pas moi...

Jamais moi, jamais.

6.
__________

- Tu comptes faire quoi ?

Cette question résonnait contre les murs du couloir. Cet hôtel puait le luxe et j'adorais ça. Puer le luxe, sentir le fric à des kilomètres. C'est plaisant. On était assis tout les deux par terre, dos au mur. Tom avait replier ses jambes contre son torse et poser son front dessus. Je ne savais pas quoi faire non plus à vrai dire. Je lui posais une question dont j'étais incapable de trouver la réponse. Hum... le sens réel d'une question n'est-il pas d'avoir une réponse à sa question? Alors s'il répond, autre chose qu'un "je ne sais pas", il répondra peut être à ma place.

- Tom ?

Il ne répondait pas. Il était fatigué. Blasé. Complètement à bout. Je le savais, je le sais toujours d'ailleurs. Je partage ses émotions. Il faut avouer que c'est parfois flippant lorsque l'un de nous deux est malade, l'autre ne se sens pas bien. Je mis ma tête sur son épaule. Il la secoua pour que ma tête rebondisse. Je m'écarta.

- Réponds moi, merde !

Pas de réponse. J'aime bien quand je parle tout seul, c'est vrai, c'est très enrichissant. Mon ironie est des plus débiles bordel. Je le regarde. Je crois qu'il pleure. J'ai plus envie de me faire jeter alors je le laisse pleurer. Je suis pas un frère indigne, j'en ai seulement marre d'être rejeter par celui que j'aime plus que tout voyez-vous. Et de toute manière que je le prenne dans mes bras ou pas, rien ne changera. Plus rien ne peut changer tout ça. On est foutu on le sait. Les presses à scandale ne parlent que de nous. On est dans la merde, la production est dans la merde, notre nouvel album est dans la merde et ne verra surement jamais le jour. C'est pas tout à fait comme ça que je voyais la vie de star. On était trop jeune surement. Voilà. Parc des Princes finit, plus de concert, plus de séance de dédicace, plus de chanson, plus rien. RIEN. S'en est finit de Tokio Hotel. Des jumeaux Kaulitz et des double G. Voilà. 3 ans de célébrité non stop. 3 ans de concert, de chanson, de guitare. Réduis en miette par l'énergumène qui me sert de frère. Merci Tom, merci beaucoup. Je voulais continuer moi, je le voulais! Pas pour la musique, pour les étoiles qu'on fout dans les yeux de ses gamines. Mais pour avoir la belle vie tout le reste de la notre. Enfin, si on peut appeler ça une vie. Tom a raison, on nous a exploité, manipulé, vendu. Nous ne sommes que des produits de consommation, des enfants de la musique, des enfants corrompus par l'odeur de l'argent et de la célébrité. Aujourd'hui à 18 ans, je n'ai plus aucun avenir. Je pourrais bien tenter de faire un métier, comme tout le monde, mais avec ma réputation pensez-vous bien. Alors je vais rester chez moi, dépenser mon fric jusqu'à ma mort, oublier la femme et les enfants et pleurer de solitude. Cool.
Tom se leva .

- Où tu vas ?

- J'ai besoin d'un rail. Fous moi la paix.

- Tu peux pas arrêter cette merde ? T'as plus aucune raison de continuer, on ferra plus de concert, t'as plus besoin de te surpasser Tom.

Il revint en arrière, s'accroupit devant moi et me fixa droit dans les yeux.

- Le seul problème mon cher Bill c'est que je ne peux pas arrêter, c'est plus une question de volonté mais plutôt du manque qui me tiraille le nez, tu comprends ? Depuis un an je carbure à toutes ces merdes, tu croyais vraiment que j'étais clean ? Que le manque physique n'avait pas prit la place du plaisir de se défoncer ? Mon pauvre frère t'es bien naïf. Je suis foutu tu entends ? Foutu. Foutu parce que jamais je n'irai en centre de désintoxication, vous aurez bien trop de problème avec la presse après. Et je tiens tout de même à vous, ça ne se voit pas, mais je te l'assure. Et je ne peux pas m'arrêter tout seul, j'ai les moyens de m'en payer, j'ai aucune raison de m'arrêter vraiment. Ca m'fait du bien Bill, j'me sens moins con, moins salop, moins méchant. J'ai l'impression de redevenir le goss que j'étais quand on a commencé avec Durch den monsun. C'était le bon temps, le temps où on se prenait pas la tête, on pensait pas à plaire. On faisait ça pour nous, uniquement pour nous et ça nous suffisait. On avait pas besoin des paillettes, des hôtels de luxe et des comptes en banque pleins à craquer. On avait notre musique, c'était tout ce qui comptait, la musique. Et aujourd'hui regarde nous Bill ? Tu te tapes des groupies en chaleur parce que t'es pas capable d'aimer qui que se soit à part toi-même, et peut être moi, mais j'préfère me dire que non. Georg est devenu un accro du sex et de l'alcool. Gustav est un véritable enculé, il fout tout le monde à ses pieds. Et moi ? Moi... J'me défonce. Tu sais Bill, t'es mon frère et depuis un an on ressent plus trop, tu sais... Les trucs de jumeaux quoi. Donc t'en fais pas, le jour où j'serai plus là, tu mourras pas avec moi. Tu le sentiras pas.

Il se redressa et partit dans sa chambre.
Je n'aime personne à part moi. Putain de merde. J'ai tout perdu. La confiance de nos parents, mes amis, mon frère. Non, pas Tom, jamais Tom. Comptez pas sur moi Jamais. Même si j'dois renoncer à beaucoup, jamais Tom.
Je me relevai, courut jusque devant sa porte. De la musique retentissait. J'hésitai à rentrer, à lui dire toutes ces belles choses que j'avais en tête. Toutes ces choses que je ne lui disais plus depuis un an. J'entrai.
Il était là, coucher sur son lit. Je m'assi à côté de lui. Il lui restait de la poudre sur le coin du nez que j'essuyais avec mon doigt.

- Bill va-t-en, j'ai pas envie de te parler là.

- Moi j'ai besoin de te parler.

- Fais vite alors parce que j'comptais descendre dans le salon trouver une fille pour ce soir.

- Non, en fait... c'est pas si important.

- Ok !

Tom se releva. Il pétait la forme on aurait dit. C'est toujours comme ça. Il a un retour de la drogue alors il parle trop vite, on comprend plus rien et il saute dans tout les sens, fais n'importe quoi.
Je sortis de la chambre et entra dans la mienne. Je ne voyais rien, tout était noir. Je m'assis sur le fauteuil juste à ma gauche et mis ma tête entre mes mains. La lumière s'alluma. Je releva la tête, et vit que quelqu'un d'autre était dans la pièce, assis sur le lit. Une femme, la trentaine, assez jolie.

- Comment êtes-vous entrer ici ?

- Veuillez me parler anglais monsieur Kaulitz, de toute façon je n'en ai pas pour longtemps. Je suis Catherine, pas besoin de savoir mon nom de famille, il est trop long et imprononçable, et vous n'en aurez aucune utilité.

- Et vous voulez quoi ?

- La vérité monsieur Kaulitz.

- Quelle vérité ?

- Toute la vérité, sur Tokio Hotel.

- J'ai peur de ne pas comprendre.

- Oh ! Vous voulez que je vous aide un peu ?

Elle se leva et s'assit sur le rebord du fauteuil, sortit un dossier de sa sacoche et l'ouvrit sous mes yeux.
M E R D E. Une énorme merde ! Je pensais pas qu'on était tant dans la merde que ça.
Des photos, des dizaines et des dizaines de photos. Tom dans les toilettes d'une boite en train de marchander de la drogue, Georg baisant des salopes dans une chambre d'hôtel. Moi... draguant plusieurs nana dans la même soirée. M E R D E. Et surtout cette photo ! Je redirai bien merde mais je n'en ai pas la force . Cette photo du concert , le concert où... Tom a fait la plus grosse connerie qu'une star pouvait faire. Je l'aurai bien déchirer, mais je me doute qu'elle en a des doubles.

Tu comptes faire quoi Bill maintenant?


7.
__________

Je te hais. C'est assez simple pour toi? Je te déteste, te méprise. Peut-être plus que moi encore. T'en as toujours fais qu'à ta tête, tu n'as toujours écouté que toi. Tu n'étais pas égoïste, car tu aimais ça, aider. Mais on avait pas le droit de te dicter ta conduite. C'était à ta manière, point. Tu avais... Ce sourire, toujours présent sur ton adorable visage. Je ne t'ai jamais vu ou entendu pleurer, jamais. Peut être le faisais-tu lorsque tu étais sur d'être seul. Tu avais une sacrée fierté. Tu ne te montrais jamais faible, même avec... Ça... 5 mois . En 5 mois j'ai appris à dire un " Je t'aime " sincère . En 5 mois j'ai compris que les hommes n'étaient pas tous des ordures qui abandonner les filles égarées sur le rebord de l'autoroute. Non pas tous. Toi tu les ramasses, tu les aimes de tout ton être. Ta sonnerie de téléphone, cette chanson est devenue une hantise pour moi. Je n'arrive plus à l'écouter; lorsqu'elle passe à la télévision je zappe, à la radio j'éteins et dans les magasins je sors en courant. Je ne peux pas, c'est plus fort que moi. Le vide immense que tu as laissé après ton départ ne cesse d'augmenter. T'es pas fière de moi hein? Je le sais. T'aimes pas ce que je fais? Je suis une méchante fille. Je suis une conne et je fais tourner tout le monde dans mon sens, j'entraine Lena dans mes conneries. Tu sais que je ne veux pas ça. Mais elle est influençable et je suis pas sa mère, je ne peux pas lui interdire tout? Si? Tu me fais chier, t'as toujours raison. Que j'arrête mes conneries? Rêves. Jamais. Je me défoncerai la gueule jusqu'à en crever. Tu me saoules avec ta morale à 3 francs 50. Je te hais je t'ai dis. Tu n'as plus d'ordre à me donner. T'avais qu'à pas monter dans cette voiture, t'avais qu'à pas me laisser. Me laisser toute seule. Je t'en veux, tu n'imagines même pas à quel point je t'en veux. Tu crois quoi? Tu me laisses toute seule, sans personne, t'étais le seul bordel de merde, le seul, et maintenant tu me demandes d'être sage, de respecter les autres, de vivre normalement? Je t'emmerde t'entends? J'en ai rien à foutre de ce que tu peux penser de moi, ça me passe à travers. Fallait pas partir, fallait rester avec moi. Fallait rester! Je te hais David, je... te hais. Je t'aime.

Angie est toute seule, Angie c'est une fortiche hein! Bah voyons.

On est je ne sais quel jour. Je suis secouée, ou plutôt, on me secoue. Je grogne, me remet sous la couette.

- Ang' !

Il n'y a qu'une pour m'appeler " Ang' " et pas Angie c'est bien elle. J'ouvre un ½il, puis deux. C'est vraiment la femme de ma vie celle la. Non, malgré les rumeurs, je ne suis pas lesbienne; ou peut-être uniquement défoncée, pour m'amuser. Mais Lena... C'est Lena. Aucune comparaison. Merveilleuse, magnifique, MA mienne. Personne ne pourra me la piquer. Je suis même jalouse de ses copains. Même si elle n'en a pas eu de fixe depuis un moment, je suis jalouse. Je suis une jalouse et méchante cachée. Je me cache toujours face à ses sentiments de faiblesse. Je n'aime pas que les gens voient que je suis jalouse de quelqu'un. Personne n'a jamais su, que j'étais jalouse de la fille la plus merveilleuse du monde. Jalouse de tout le monde qui l'entoure. Envahie par un sentiment d'abandon, je ne lui en veux jamais. Ce n'est pas de sa faute, c'est celle des autres. Ils n'ont qu'à pas être autour d'elle. Faites lui du mal et vous verrez. Votre souffrance sera telle que vous préfèreriez mourir plutôt que de continuer à vivre avec moi sur votre dos. Je suis une peste. Et je profite de tout ce que j'ai pour vous rendre la vie impossible. Voyez donc, mes parents. Je dis être une petite fille abandonnée par ses géniteurs car ils travaillent bien trop. Oui certes, mais s'ils ont choisis de travailler si dur c'est parce que je suis une peste, une pute, une saloperie de gosse de riche. Je les ai surement rendu fous pour qu'ils se barrent à l'autre bout du monde. Pauvre de moi. Pauvre petite fille riche sans véritable amis. Je ne parle pas de ceux que j'aime, mais de ceux qui m'aiment, et que je n'aime pas. Je suis une peste, avouez-le bordel de merde!

- Mmmh tu veux quoi Len' ?

- Que tu te lèves !

- Mais pourquoi ? Il est quelle heure ?

- 13h. Lèves-toi ! On va trainer, Tom nous propose d'aller dans un club sympa. Il nous ferra rentrer gratuitement et en quartier VIP !

- Rien d'étonnant , on peut rentrer gratuitement et en VIP quand on veut, sauf...

- Au Ïne Line .

- Le... NON ! Len' il va nous faire rentrer au Ïne Line ? Tu me fais marcher ? Là où l'on rêve d'entrer...

- Depuis qu'on est gamine, si ma belle.

Je me levai en vitesse, fonça à la salle de bain. Je devais faire un effort pour être sure de rentrer. Je me suis un peu coiffée, maquillée légèrement, slim, t shirt noir taché de peinture rouge, verte et orange, vans. Ma Lena s'était fringuée de sa jupe volée noire à dentelle lui arrivant au dessus des genoux, ses doc et d'un débardeur noir très classe, un peu décolté. Magnifiques. Ouais pour une fois je me trouvais bien. A marquer d'une pierre blanche.

Le Ïne Line. Le plus gros club du 16ème. LA boite, L'endroit. Seul les plus de dix-huit ans peuvent y entrer. Pour la simple est bonne raison que c'est un endroit des plus dangereux. L'anarchie sex drugs & rock'n'roll. Ce club ne s'appelle pas Ïne Line pour rien. Si vous faites preuve d'un peu de bon sens, vous ferrez le rapport entre Ïne et drogue. Non? Ïne; cocaïne, héroïne. L'endroit je vous dis. Ça fait des années que Len' et moi on rêve d'entrer la dedans.
Lorsque je fais machine arrière, je me revois encore à 11/12 ans fumé un joint tout les week end. Faut pas commencer les gens, c'est pas bien, la drogue, c'est mal, c'est immoral. Ça te détruis entièrement, ça fait de toi un cadavre, une loque, quelqu'un de mort intérieurement. Vivant extérieurement, on ne sait même pas comment. J'ai dû entamer le LSD et l'exta vers l'âge de 14 ans. Puis la coke. Bien sur Lena m'a suivit . Ça nous a couté des montagnes de dispute. Mais je ne peux pas lui en vouloir, je m'en veux à moi. D'avoir prit sa main et de l'avoir entrainé dans le gouffre avec moi. Je suis une pute, une salop , un pur produit de consommation, une icône. Une simple illusion.
On retrouve Tom au coin de la rue. Il a l'air complètement à l'ouest, perdu, ailleurs. Je le regarde. Il me regarde. Il a les pupilles aussi dilaté qu'une tête d'épingle. Ça risque d'être chaud cette soirée. Lena est plus qu'excitée. Je tente de garder mon calme, même si je suis plus qu'impatiente d'entrer au Ïne. Tom a l'air plus que mal. On dirait qu'il est dans les vapes. Il a du mal à ouvrir et fermer les paupières.
On fait la queue. La musique retentit sur les trottoirs chargées de putes ambulantes. Dans leur mini-jupe et leur veste en cuir. Mes belles croyez moi, je le suis bien plus que vous dans mon slim. Je suis ni fleur bleue, ni romantique. Vous croyez que je suis méchante. Perdu, je suis bien pire. On arrive à l'entrée. Tom évite de trop montrer ses yeux. Lena reste calme et posée et moi je fais de grand sourires hypocrites aux videurs. On entre. Waow . Un grand WAOW même. C'est tel un immense garage. Des néons verts, bleu et orange fluo se baladent partout sur les murs et le plafond. Des danseuses dans des cages, des barmans qui jongle avec des box à cocktail des rastaman qui vende leur dope. Cet endroit est un paradis. Mon paradis. On a toujours du mal à trouver de la qualité dans le 16ème je ne sais pas pourquoi. On est donc obligé d'aller dans les quartiers un peu plus pauvre et personnellement avec mon look ça passe mal. Donc je me contentais de cachetons. Merci Tom hein. Je vais pouvoir reprendre ce que j'avais laissé de côté au collège. Du hardcore, teck et gros Rap US en fond sonore. Mais c'est quoi cet endroit de rêve?
On s'assoit sur une banquette, carré VIP obligé. Je commence à parler un peu avec Tom. Lena est parti danser avec un jeune homme assez mignon. Ma belle t'es belle quand tu rougis, t'es belle en toute circonstances. Je demandais au dreadeu pourquoi il n'était pas venu avec son frère. Qu'en général les jumeaux c'est inséparable, non ?

- Non. Enfin, plus maintenant. On se parle plus, ou peu. On échange quelques mots. Et ça s'arrête là.

- Ah...

- Tu es la seule personne que je rencontre qui ne cherche pas à savoir ce qu'il s'est passé.

- Je m'en fou un peu à vrai dire. Et vue la situation, que je le sache ou pas, ça va changer quelque chose ?

- Non.

- Alors voilà. Fin de la conversation. Je suis méchante mais pas au point de vouloir faire cracher le morceau de quelque chose qui te rend plus que triste. Moi je détruis les gens lorsqu'ils sont heureux, pas malheureux.

- Toi aussi? C'est un passe-temps?

- Non je dirais un travail à plein temps.

On se mit à rire puis Lena m'a prit par la main et on a finit par emmener Tom sur la piste de danse. On a danser toute la soirée. Faisant des aller retour sur la banquette pour prendre la coke que l'on avait trouver. Ici, personne ne se cache, tout le monde est dans le même bateau. Quelque part ça fait peur, de voir qu'il y a autant de camé sur Paris. Rien qu'au Ïne Line, la boite doit enfermé plus de 200 personnes. Tous des gens du 16 ou du 17ème. Je les connais presque tous. Tous des petits gosses de riche, fils à Papa roulant en porche coupé. Tous des abrutis. Des enculés pas capables d'avoir une copine, un boulot. Pas besoin, Papa paye tout et on en a une assez grosse pour se taper tout Passy. Et les filles. On peut pas encore dire femme. Ça s'habille chez Louis Vuiton mais ça flotte dedans. Toutes des anorexiques en puissance, bordel. Tout ça me déprime, ça me fou en l'air et j'ai l'impression que je vais vomir. Non c'est pas une impression.
Je cours vers les toilettes. La tête dans la cuvette j'ai du mal à respirer. Après avoir gerber tout l'alcool ingurgité et les quelques gâteaux manger, je ferme la cuvette et m'assois dessus. Voilà David; où j'en suis réduite. Assise sur une cuvette, à boire, fumer, prendre des merdes. Voilà. Je sais, ça te détruis toi aussi, que je sois ainsi. Je t'emmerde.
Il m'en reste un peu. Je descends, me met à genou et ouvre le sachet. En faisant passer tout ça dans mon nez, déjà bien plein, je me rappelle d'un truc. Je sais plus sur l'instant ou je l'avais lu... C'était une meuf pommée elle aussi, à Paris, je crois, elle aussi. Elle disait qu'il y avait «une théorie fumeuse qui prétendait que tant qu'on était en train de couler, on ne pouvait rien tenter, qu'il fallait attendre de toucher le fond pour donner ce petit coup de talon salutaire qui seul, permettait de remonter à la surface.»

A la surface.

8.
__________

Je suis désolé mon frère. Désolé pour tout tu sais. Tellement désolé. J'aurai voulu être moins con. Je voudrais tellement avoir le courage de tout arranger. Le pouvoir de revenir en arrière. Je suis désolé mon amour de frère . J'aurai tellement aimé t'aimer comme tu le voulais. T'aimer comme avant. T'aimer pour ce que tu es vraiment, et pas pour l'image que tu transmet pour remplir nos poches. Pas pour les chansons si belles que tu écris. Pour toi, uniquement toi. Le frère que tout le monde rêve d'avoir. Que tout le monde se serait arraché avant tout ça. Avant la célébrité, cette putain de célébrité. Je m'en veux, je m'en veux tellement si tu savais à quel point. Je t'en ai fais voir de toute les couleurs. J'ai abandonné. Oui je l'avoue. J'ai abandonné. Je ne me suis plus battu depuis ce jour où l'on nous a annoncer que si on faisait pas ceci ou cela, on allait couler. Nous qui crions Schrei dans le monde entier, on a pas été foutu de leur gueuler que l'on était contre tout ça. Non. On a obéis, en artiste soumis. Alors j'ai abandonné. Tu vois mon frère, je l'avais dis en tout sincérité: Mon plus beau cadeau d'anniversaire est venu 10 minutes après moi. Mon petit frère, l'homme de ma vie. Le seul, l'unique. Tu es le plus petit et c'est moi le plus fragile. Je m'étais promis de te protéger et à la place de ça je me suis plains, j'ai tout lâché. J'ai absolument tout lâché. J'ai fuis, comme un abruti. Je suis devenu la personne que je déteste aujourd'hui. Je me hais, je me méprise plus que n'importe qui. Plus que la production, plus que les médias, plus que les groupies, plus que les flash des photos. Je ne me supporte plus. Je t'assure mon jumeau, mon sang, je n'en peux plus. Je lâche prise. Je crois que j'ai fais une connerie ce soir. Une plus grosse que d'habitude. Tu pourras me pardonner j'espère. Je ne veux pas de remord, pas de regret. Tu sais, je voulais pas ; l'autre jour. Je voulais vraiment pas. Je m'en veux pour tout ce que je t'ai fais subir depuis deux ans. La drogue, le sexe et la manipulation on fait de moi un mort. Physiquement je n'arrive plus à avancer. Je ne mange plus rien, je ne dors qu'un jour sur deux. Je n'ai plus de force mon frère, je n'ai plus de force. Je sens mes yeux se fermer. J'ai peur. J'ai peur sans toi mon frère où es-tu? Qu'est-ce que j'ai fais putain. Qu'est-ce que j'ai fais? Je suis pourri. A nos coeurs qui appellent et hurlent au secours. Mais non y a plus de ciel. Et non, y a plus d'amour. Et plus que des troupeaux. Des vendus, des vautours, des vendeurs de merveilles, des joueurs de tambours. J'ai mal au coeur . Dans les deux sens du terme. J'ai autant envie de vomir que de m'enlever le coeur à coup de couteau; tellement j'ai mal. J'ai mal mon frère, j'ai trop mal. Notre lien qui est détruit depuis deux ans fait surement que, tu ne ressens pas ce que je ressens. Je suis désolé mon frère. Je me répète. Tu crois que , lorsque j'ouvrirai les yeux demain matin, je verrai les grandes prairies, là où l'on jouait quand on était petit. Tu crois? Je voudrais tellement. Je ne sais même plus comment te demander pardon. Je sais à quel point le groupe te tiens à coeur. Combien tu as lutté pour qu'on soit reconnu. Et moi? Moi je gâche tout. Jumeaux. Tu parle . Le ying et le yang, l'ange et le démon. Toi l'amour et moi la haine. Le parfait équilibre. Qui peut basculer à tout moment. Tu vois, l'amour peut tout vaincre, c'est toi qui reste. C'est moi qui part. Je t'aime tu sais. Je te l'ai pas souvent dis ces derniers mois. La drogue m'a embrouiller l'esprit et tu sais quoi? Elle m'embrouille encore. Mais je reste lucide pour finir mon texte mental d'excuse, là, couché sur le sol. Le nez en sang. Je suis désolé mon frère. Mon petit frère. Désolé d'avoir faire une connerie. La connerie. Désolé d'avoir, il y a trois mois, prit ton visage entre mes mains et t'avoir embrasser devant des milliers de fans dégoutés ou admiratives. Désolé. Désolé d'avoir fait ça pour un peu plus de popularité. Je t'en prie pardonne moi. Je ne voulais détruire personne. Ou peut être moi. Voilà c'est fait. Tu pourras dire mon frère, que Tom Kaulitz était un abruti, un lâche, un camé. Qui a aimé son frère plus n'importe qui. Qui pour qu'on lui foute la paix, à fait quelque chose d'irréfléchi. Qui pour qu'on lui foute la paix, à prit trop de coke ce soir là.

Marchons vers la lumière.
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# Posté le samedi 06 septembre 2008 10:23

Modifié le dimanche 07 septembre 2008 07:05

Il n'y a pas une raison à tout.

Il n'y a pas une raison à tout.
9.
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Angie.

Vide. Là devant mon miroir, seule. J'ai le regard vide. Le vert à ternis. J'ai l'impression de me dégradé à la vitesse de la lumière. Mourir à petit feu. Me finir. Tu avais raison David. Les gens ne mesurent pas la chance qu'ils ont d'être ici, en bonne santé. Je ne le mesure pas. Et je m'en fou. Je suis folle hein. Dis le moi, dis le mois que je suis totalement cinglée. Je ne tiens plus sur mes jambes et mes yeux ne me font même plus mal si je stoppe les clignements. Je ne ressens plus le mal, plus le bien. C'est vide. Totalement vide. Complètement vide. Un vide effrayant, incessant. Ca m'fout les j'tons et je pète les plombs David. Je ne suis pas égoïste tu sais, j'arrive plus à avancer; c'est une nuance, non? Je sais, il y a Romain, Lena, les autres. Et il y a moi. Ce qui fait toute la différence entre eux et moi, c'est qu'eux ils vivent, mal certes, mais ils vivent. Je ne fais pas de moi une exception, mais j'arrive plus. C'est ainsi. Tu crois que c'est grave? Tu crois que je deviens bonne à enfermé? Là devant mon miroir, seule. J'ai le regard vide et j'ai peur. J'ai toujours dis n'avoir peur de rien ni personne. Je sais. Mais je peux plus.
J'enfile un jean et un t shirt. Aujourd'hui je dois retourner en cours. J'avais dis une semaine de sèche, voilà un mois que je ne suis pas allé en cours. Je passe toutes mes journées aux Ïne Line avec Len'. Si je ne retourne pas en cours je vais me faire virer et je n'aurai plus d'explication à donner à ma mère quand elle me demandera: Que fais-tu de tes journées? Mais je vais en cours Maman enfin. Lena est retourné chez elle. Les embrouilles fusent déjà et je lui ai proposé de venir vivre avec moi. Mes parents ne sont jamais là ils ne s'en rendront pas compte.
Je sors de la salle de bain en boxer et grand t-shirt. Je ne fais vraiment plus d'effort pour m'habiller. Je vais dans ma chambre, enfile un jean troué de partout et sort.
Non. Pas lui, pas lui pitié.

- Etienne? Qu'est-ce que tu fous à la maison?

- Je croyais en théorie être ton père alors un "Papa, que je suis heureuse de te revoir après tout ce temps" m'aurais fait plaisir.

- Tu crois que j'ai envie de te faire plaisir peut être?

- Ok... Je ne suis là que pour quelque jour. J'aurai voulu qu'on parle toi et moi.

- Parler de quoi?

- De mon absence.

- Je te hais. Me laisser là, avec Maman qui est une putain de vieille névrosé et cet appartement qui pue le fric et la solitude. Voilà, fin de la discution, tu m'excuse j'ai cours.

- Angie, attends.

Il me prend par le bras et me regarde dans les yeux. On a plus le même vert. Le sien est pétant, agressif, le mien est terne et sombre.

- Que tu le veuilles ou non tu es ma fille et si je décide quelque chose tu m'obéis.

- De quoi tu parles?

Je tire vers le bas pour me détacher de lui. Il ne savait pas comment s'y prendre. Il va me faire un sale coup, j'le sens.

- Je vais partir vivre à Londres.

- Et Maman?

- Maman tu sais on reste ensemble parce que c'est mieux pour l'image. Je voudrais que tu viennes avec moi.

- Tu rêves.

- Mais tu n'as pas le choix.

- Ecoutes tu pars vivre là bas quand exactement? Même si faut l'avouer, je penses que tu t'es déjà bien installer avec une pute tenant une boutique Channel de Londres.

- Officiellement je pars dans un mois.

- Ah ah. Dans deux semaines j'ai 18 ans; alors tes devoirs de père ressurgit du trou du cul de toutes les salopes que t'as baisé, tu te le gardes.

BAM. J'en avais presque oublié la peau sèche de ses mains.

- Tu crois quoi Etienne? Oui je t'appelles Etienne, ça t'étonne? J'ai dû te voir dix fois dans ma vie. Alors ne me fait pas le coup du père qui se sent coupable et veut rattraper le temps perdu en m'emmenant avec lui. Je n'irai pas avec toi, je resterais là, dans cet appartement qui pue le fric et la solitude. Maman viendra tout les trois mois pour me serrer dans ses bras, me raconter ses histoires de travail inintéressantes et toi, toi tu vas pourrir seul avec les putes de Londres. Maintenant, je vais en cours. En espérant qu'une fois mon BAC en poche, je ne devienne plus salope que ma propre mère, et plus conne que ce qui me sert de père. Salut. Amuses-toi bien.

Je claquais la porte.


14h: Français. Mon heure de bonheur. La prof est une abrutie qui ne comprend jamais ce que l'on veut dire mais elle nous sourit toujours comme une idiote. On doit être une classe bien trop intellectuelle pour son niveau professionnel. Entre deux cachetons, défoncée comme jamais, j'ai bâclé le sujet de la semaine. Les amours déchus. C'était mon tour. J'aime pas lire. Ecrire j'adore, mais lire devant tout le monde, ça me terrorise. Je tiens ma feuille, je tremble. Que disais Romain déjà? "Ne jamais être défoncé en cours, ça rend les choses bien compliqué." Merde. J'y peux rien il me restait quelques petits trucs, il fallait bien finir. Pas de gachi!

- Je ne vois pas pourquoi te dire que je n'aimerai que toi dans toute ma misérable vie. Que mon coeur s'arrêtera surement de battre en ton absence. Que personne d'autre ne peut t'aimer et ne pourra t'aimer comme moi je t'aime. Je n'ai jamais vu l'utilité de ces mots. Ce ne sont que des rassemblements de lettre formant au final plusieurs sons. Quelle importance ? Que je te dise que ta présence m'est indispensable, que j'étouffe sans ta voix suave et discrète. Celle que je n'entends plus depuis des semaines, des mois. J'écoute tes musiques et je me dis que peut-être tu en fais autant. Le fait de m'imaginer écoutant la même chose que toi me rassure et quelque part je me rapproche de ton c½ur ainsi. On sait toi comme moi les risques que l'ont a pris à s'aimer. S'aimer sans prendre le temps d'essayer, de profiter. On a prit un risque. On s'en est mordu les doigts. Et le pire dans tout cela, dans toutes les larmes que l'ont a versé c'est surement toi qui a le plus souffert, de mes doutes incessants et de mon choix qui ne voulait pas se faire. Et sincèrement je préfère les regrets aux remords. Malheureusement je n'ai que du remord, sachant que rien ne s'est passé et que pourtant on s'est aimé.

Ils me regardaient tous. Arrêtez putain! La bête de foire au allure de salope hippie vous emmerde. On dirait qu'ils sont étonnés que je puisses avoir écrit un truc pareil. Ouais moi aussi je suis tombé amoureuse. Mais pas comme vos espèces de relations à deux balles: j'te kiff bb. Non. C'était un putain d'amour impossible, complètement destructeur. Voilà.
Je me rassis. La prof me regarde. Quoi? Vous me saoulez, vous n'imaginez même pas à quel point. Classe merdique, prof merdique, bahut merdique. Bonjour je suis Angie et je suis entourée de merde.

- Je suis impressionnée Angie. Tu fais toujours preuve de blasement en classe, comme si tu n'écoutais que le quart du cours, et je vois que tu t'en sors plutôt bien.

- Ma façon d'écrire je ne l'ai pas pêché dans un de vos cours pré-fait. J'écris depuis des années. J'ai pris un style bien à moi. Tout simplement.

- Pourquoi es-tu toujours obligé de faire ce genre de remarque?

- Parce que je ne vous aime pas, je n'aime pas cette classe, je n'aime pas ce bahut et que vous le sachiez ou pas ça ne changera rien alors je me permet d'exprimer mon opinion sur vous tous.

- Bon. Au suivant.

J'aime déstabiliser les gens, c'est plaisant. Je...
Mon portable vibre. Je le cache dans ma manche pour le mettre dans ma trousse et lis: «Angie, c'est Bill. Tom a fait une connerie.»
Je deviens tel un robot. Je range mes affaires, ferme mon sac sans me brusquer, me lève et m'en vais. J'entends à peine la prof me gueuler après. Je sors du lycée. Je m'allume une clope. J'ai l'impression d'être vide. De jouer le rôle de la fille vide en réalité. Souffle, respire Angie tout va très bien. Et merde. Je tremble. C'est pas possible. 17 ans de prise sur soi, c'est un connard de guitariste qui fout tout en l'air. Je lâche ma clope et me met à courir. Courir. Courir encore et encore, toujours plus vite. Je m'engouffre dans une bouche de métro pousse les gens pour entrer au plus vite dans le wagon qui va bientôt partir. Essouffler, je n'arrive pas à me calmer. Merde putain. Vous faites tous chier à me laisser toute seule. Tom c'est pas un ami, c'est pas un amour, c'est... Je ne sais pas. Ah ah! Vous croyez quoi? Non Angie ne ressent jamais rien. Tom c'est Angie. Angie c'est Tom. Mon double au masculin. Le salop il aurait pas pu être autrement. Il a pas le droit de me ressembler comme ça. Il a pas le droit. Il avait pas le droit. Je me doute de ce qu'il s'est passé. C'est surement ça sa connerie. Oui voilà, c'est ça. Le métro s'arrête je descend. Et voilà, je vois ton tag sur ce mur. Tu fais chié toi aussi, tu fais chié à être partout. J'en ai marre, arrête de me suivre. Je détourne le regard, monte les escaliers quatre à quatre. «Loin de tes yeux, j'étouffe tu sais.» Saloperie de mur. Tu vas me lâcher David oui? Lâche moi!

Lâchez moi.

10.
__________

David.

Regardez ces gens. Tous communs et tous différents à la fois. J'ai jamais aimé les gens faut dire. Je les critique souvent et je n'arrête pas de dire qu'ils sont ceci ou cela. Angie me disais toujours que critiquer c'est se valoriser. Car quand tu critiques l'autre, tu trouves les défauts que tu n'as pas, ou ceux que tu voudrais caché. Je ne suis pas un méchant garçon vous savez. J'ai mes défauts, je suis têtu, mais pas méchant. Je suis surement trop protecteur. J'ai tendance à m'oublier pour les autres. A oublier tout mes problèmes pour aider les autres. Angie aussi elle est comme ça. Elle se fait passer pour la méchante, mais c'est un ange. Un ange un peu cassé de partout c'est tout. J'ai jamais voulu lui faire du mal. J'ai jamais voulu partir vous savez. J'ai abandonné beaucoup de gens, mais elle, je ne voulais pas. Je voulais rester auprès d'elle, la protéger encore. Parce qu'elle joue sa grande: Moi je n'ai besoin de personne. Mais elle est plus que fragile. Il n'y a qu'à la regarder le matin, quand elle se lève, que ses membres craquent et qu'elle se défonce déjà la gueule. Je dors à ses côtés, mais ça elle ne le sait pas. Elle m'en voudrait si elle le savait. Déjà qu'elle m'engueule quand je la regarde se détruire à coup de cachet. Je n'y peux rien si je suis là, je ne l'ai pas choisi vous savez. C'est une torture pour elle, vous l'aviez compris. Mais s'en est une aussi pour moi. Ne pas pouvoir partir, rester là, dans cette ville qui pue le fric, la mort et la délinquance, ça me ferait presque vomir. Je peux tout voir, tout entendre, tout comprendre. C'est horriblement chiant.
Vous voyez là, je vois Bill parlant avec ma Angie. J'entends tout, et même leur pensée. J'ai la migraine depuis des mois et des mois. Je n'arrive plus à penser moi-même, j'ai de plus en plus de mal à lui parler à cette gamine. Elle pense tellement, me parle tellement souvent. Ou plutôt m'insulte tellement souvent que je n'arrive plus à aligner 3 mots sans avoir mal au crane. Elle me soule, je dois l'avouer. Elle m'énerve. J'y peux rien moi si je suis coincé ici; merde.
Voilà elle recommence. Mais arrête de me regarder Angie si ça te fais tant de mal. Je n'y suis pour rien ok? Je te suis sans le vouloir, mon esprit ne contrôle plus rien. C'est toi qui contrôle tout.
Bill la regarde, étonné qu'elle parle au mur. Bonjour je suis David, je suis mort il y a plus d'un an et je suis un mur.

- Arrête David, j'entend ce que tu penses.

Fais chier. Oublie moi merde Angie! Moi je peux plus parler, tu occupes tout l'espace, alors vu que tu entends ce que je pense, va te faire foutre, voilà.
Elle me regarda. Les larmes lui montaient aux yeux. Bill la prit par l'épaule mais elle s'en détacha.

- J'comprends que ça soit dur pour toi, mais j'ten prie, pleure pas, t'as de trop joli yeux pour ça, ou alors je pleure avec toi.

- Non, c'est bon, pas besoin que quelqu'un m'accompagne. Tu vas faire quoi maintenant Bill?

- Je n'en sais rien. La presse me harcèle et veulent tous avoir les moindres détails. Cette fois c'est bon, je vais craqué.

- Si tu veux j'te tends la corde, ou j'te pousse d'un toit.

- J'm'en sortirais seul. Merci. Et merci d'être venu.

- Ouais.

Angie tourna les talons et sortis de la chambre d'hôtel. Le pire quand on hante quelqu'un que l'on a aimé, et que l'on aime surement toujours vous savez ce que c'est? De la voir baisé avec un inconnu ou de sortir avec des tocards. Je pense que c'est le pire. Ok Angie je ne suis pas ton grand amour, mais t'es pas obligé de m'infliger ça!

- Qu'est-ce que ça peut te faire hein?

On était dans la rue. Les passants la regardaient étrangement. Elle n'en a rien à foutre. Avant elle faisait style d'être au téléphone, mais là, elle doit vraiment en avoir rien à foutre. De toute façon, elle se fou de tout.

- Non je ne me fous pas de tout. J'ai mal, j'en ai marre tu peux comprendre ça?!

Et moi Angie? Tu penses à moi? Tu crois que j'en ai pas marre de te voir comme ça, m'insulter à longueur de journée, je ne comprends même pas ce que je fais là alors s'il te plait, ne me reproche pas quelque chose pour laquelle je n'y peux rien.

- C'est bon je sais que c'est de ma faute. C'est pas ce que je voulais. Je voulais que tu restes, c'est tout.

Et bien tu as réussi, je suis resté, alors arrête de m'en foutre plein la gueule. Qu'est-ce que tu veux de plus? Une résurrection? Désolé, ça c'est dans les films.
Elle ne dit plus rien. Pour une fois que c'est moi qui est le dernier mot.

- Connard.

Ah, loupé, c'est pas moi. Toi tu dis que t'es bien sans moi. Qu'au fond de mes bras il y fait trop froid. Toi tu dis que t'es bien, que t'es bien, que t'es bien sans moi. Mais il y a quelque chose qui fait que j'entends pas. Je préfère ne pas t'écouter Angie. Tu débites tellement de connerie que je deviens sourd. Arrêtes! Arrêtes de dire que tu voudrais que ça change. Arrêtes de dire que tu voudrais faire des efforts. Tu ne fais rien pour changer tout ça. Et le pire, c'est que tu t'y plais. Dans ta saloperie d'appartement de riche, avec ta came, tes faux amis camé et tes fêtes de camés. Alors restes-y, moi je vais te dire, je te laisse. Et pour de bon. Tu veux que je te dises pourquoi je suis là? Parce que tu as trop besoin de moi. Parce que tu es trop seule et que tu as toujours besoin de débiter quelque chose, pour te soigner. Et bien parle à un mur. Puisque je ne suis plus que ça. Parle à tes murs aux moulures dorés; ça te changeras.

Tout change.

11.
__________

Bill. Flash Back.

La pression monte et mes mains tremblent. C'est normal, c'est toujours ainsi. On croit maitrisé nos peurs, maitrisé nos angoisses et notre stress, et quand on arrive dans ce couloir, que l'on entend les fans hurler à pleins poumons. Toutes notre confiance en nous s'écroule et on comprend plus ce qu'il nous arrive. On perd le contrôle. On oublie qu'on est des stars international, voir mondial et on tremble. On est plus que des enfants qui ont peur du grand méchant loup. On sourit timidement aux techniciens qui nous enfile les micros. Dernier réglage. Tout le monde tremble cette fois-ci, je ne suis plus le seul. Inspiration. Expiration. L'air à du mal à passer putain. Contrôle toi Bill. T'as fais ça tellement de fois, pourquoi trembler? «Tokio Hotel, Tokio Hotel, Tokio Hotel!» Vous pouvez pas vous la fermer cinq minutes, que je reprenne mon souffle. Oui laissez moi respirer.
Putain, Tom est encore défoncé. Je ne sais pas ce qu'il a prit cette fois-ci. Georg souffle un grand coup et Gustav saute en l'air comme pour évacuer le stress. Ca y est. On nous dit que ça commence. Gustav fait tourner ses baquettes autour de ses doigts, nous souris et entre en scène. S'en suivit une séance d'explosion de voix de la part de nos fans. Je dis fans pour ne pas dire groupie, car la plupart sont déjà évanouis dans la fosse, ramassées par les vigiles. Georg entre après quelque coup de grosse caisse; puis Tom entra. Il titubait il y a deux secondes et là, il est comme si de rien n'était, comme s'il n'avait rien dans le sang. Le c½ur à mille à l'heure, surement, pour changer. Ich brech aus. Les premiers accords se font entendre, c'est à mon tour. Je monte les marches, d'un pas tremblant, toujours. J'ai l'impression de ne plus contrôler mon corps, alors que ma tête me dit d'arrêter de me faire du soucis. C'est toujours ainsi. Il faut toujours que je me prenne la tête juste avant d'enter en scène. Une fois dedans, après, tout va bien. Je suis de nouveau maitre de moi-même. Je commence à chanter. C'est à contre coeur, je suis exténué. Je n'en peux plus, c'est le quatrième concert de la semaine, le dernier. Je suis à bout. Je n'ai plus de souffle, ma voix se casse; mais personne ne l'entend. C'est à l'intérieur que tout se casse, que tout meurt. J'ai l'impression d'être consommé par toute cette célébrité de merde. Par tout ces cris qui m'explose les tympans. C'est vraiment merdique, ce sentiment de chanter pour rien ni personne. Je ne les aimes pas vous savez, ces filles qui hurlent mon nom et l'envie de se marier avec moi. Remballez. Je n'aime rien ni personne. Ou si, mon frère, mais c'est devenu rare que je lui montre une preuve de mes sentiments envers lui. De toute manière qu'est-ce que ça changerait? Il est dans les vapes 20h/24h. Il ne se souvient que de la moitié de ce qu'on lui dit. Il arrive à retenir les morceaux de nos chansons, c'est déjà ça, ne lui en demandons pas trop non plus. Pauvre de lui, il me fait pitié; je dois l'avouer. A sniffer ses rails comme si c'était indispensable pendant un concert. Ca sert à rien Tom tu sais, regarde moi, je suis peut-être cassé de partout, fatigué, mais j'me paye pas 350 euros de cachets rien que pour tenir le coup. Je ne suis pas surhumain Tom et pourtant je tiens, alors pourquoi toi ne le pourrais-tu pas? T'es vraiment qu'un lâche.
Les chansons s'enchainent, on en peut plus. Je n'en peux plus surtout. C'est sympa de rester assis sur une chaise à jouer de la batterie ou gratter des cordes hein, mais moi je bouge. Je bouge parce que les fans aiment ça et que comme la production le dit toujours: il ne faut pas contredire le public, toujours être souriant. Toujours. Ouais les mecs vous avez raison, faut toujours être souriant. Vous en avez rien à foutre vous, vous n'êtes pas sur scène, à mentir en un rictu. Je ne suis pas une machine merde Après Schrei, je met ma serviette autour du coup, je respire lentement. Tom tremble un peu, on dirait qu'il est ailleurs. Non, ce n'est pas une impression, il est dans son monde. Putain de drogue. Pourrissez en enfer, tous autant que vous êtes, la production, mes parents, mes amis s'il le faut. Mais laissez mon frère tranquille. In Die Nacht. Notre chanson. Rien à foutre de Gustav, de Georg, c'est que pour nous ce moment. Rien que pour nous. C'est le seul moment où j'ai l'impression d'avoir un frère jumeau. Rien que pour nous. Plus rien à foutre de vous tous et toutes, surtout. Vous pouvez crier autant que vous voulez, hurler, exploser vous les cordes vocales, moi je chante, pour lui. Rien que pour nous. Ou ce qu'il en reste.
Il change de guitare, on s'assoie sur les tabourets, devant la foule. J'entends encore quelques filles hurler mon prénom et celui de mon double, mais je les ignore; je lui souris. Il me regarde dans les yeux. Les premiers accords se font entendre. Je n'entend plus que ses doigts glissant sur les cordes et les sons ressortant de ces gestes. Magnifique. Il est magnifique mon frère. Il ne me ressemble pas. Disons qu'il n'a pas besoin de maquillage pour être beau. Moi je me dois de m'en m'être, pour la production, sinon j'aurai bien voulu abandonné. Je ne veux pas être seul ici; Soyons ensemble dans la nuit; Ca arrivera tôt ou tard: Soyons ensemble dans la nuit. La chanson se finit. Les larmes me sont montées, comme à chaque fois. Il me regarde tendrement et va changé de guitare pour le final. Je regarde la foule. Personne en particulier. J'allais me retourner pour boire un peu avant de recommencer, mais mon attention fut attirer par une pancarte. C'est une blague? «Si Bill est homo, adieu Tokio Hotel!» Putain, dites moi que c'est une blague? Que les gens ne sont pas si cons? Que la connerie humaine n'a pas empirée? Pitié, dites moi que je suis fous, que je ne vois plus rien à cause de la fatigue. Dites moi que c'est faux, que je me trompe, que je ne sais plus lire, que ma vue se brouille à cause des larmes qui m'étaient montées tout à l'heure.
Tom voit que je reste planté là, il vient vers moi et regarde dans la même direction. Ses sourcils se froncent, ses poings se sert. J'aime pas quand il s'énerve, surtout quand il est défoncé. Il prend mon micro de force. Je le sens mal, très mal.

- Hey! Les salopes qui tiennent la pancarte homophobes pourraient s'avancer vers nous!

Tom regarde les vigiles et leur fait signe d'amener les filles vers lui. Ce qu'ils font. Je le sens de plus en plus mal, je t'en prie Tom, fais pas de connerie, je t'en supplie.
Une fois arrivé devant lui, il posa sa gratte, et s'assit sur le rebord de la scène pour être un peu plus à leur hauteur.

- Vous voulez faire quoi avec cette pancarte?

- C'était juste un avertissement. Car si Bill est gay, on pourra plus l'aimé comme avant. C'est tout.

- Ca vous gène tant que ça? S'il l'était qu'est-ce que ça changerait? Notre musique est écrite depuis un bout de temps, alors si Bill était gay quand il a écrit tout ça, er que vous venez voir le concert, c'est bien que vous aimé. Ah mais non, que suis-je bête...

Tom se lève. J'ai peur, c'est bon, je le sens plus mal. Je crains la catastrophe.

- Il est vrai que les trois quarts présentes ici ne sont que des putes groupies voulant se faire baisé par chacun d'entre nous. Wow, vous savez quoi? On est tous gay, on est un groupe de gay qui font des partouzes le soir dans l'hôtel et des fois on invite d'autres mecs, ouais on adore ça. Bande de putes, salope sans un grain dans la tête; vous n'avez donc rien d'autre à foutre de vos vies que de débiter des merdes pareilles? Vous savez quoi?

Tom se retourna vers moi, me regarda droit dans les yeux. Je crois qu'il voulait que j'entre dans son jeu, mais je n'ai pas bien compris les règles apparemment. Il prit mon visage entre ses mains et m'embrassa. Autant vous dire que sur le moment, je n'ai pas sur quoi faire. Ce n'est pas que j'ai aimé, mais je vais vous avouez que mon frère n'avait jamais eu un geste si tendre depuis plus de deux ans, alors non, je ne suis pas gay, et même si ça peut paraître dégoutant ou bizarre, j'en ai profité. Je l'avoue. J'aime mon frère plus que tout, je n'y peux rien, même devant des milliers de fans, même devant mes meilleurs amis. Même devant la production. Au fait, je vous emmerde, la production, la presse et les fans. Je vous emmerde profond.

Au plus profond ouais.

12.
__________

Angie.

Je tombe encore. De haut, de bien trop haut. Je devrais pas être comme ça. Je devrais être comme toutes les filles de mon âge, qui se liment les ongles, qui ne parlent que de mec et de fringues. Moi je ne parle pas, et je me lime encore moins les ongles. Je ne suis ni féminine, ni gentille, ni attentionnée, ni douce. Rien. Je ne suis pas grand chose à part un ensemble de folie schizophrénique et de connerie plus grande que moi-même. Bref. Je suis Angie. Pas besoin de savoir plus vous en savez déjà beaucoup. Angie ne se résume pas à grand chose. Des parents absents et jean-foutistes. Pas de frère, pas de soeur. Une meilleure amie. Des cigarettes. Des cachetons. De la transe. Un fantôme. Voilà. Angie se résume à ça. Que c'est intéressant n'est-ce pas? Oh mais oui j'oubliais, je suis une fille hors du commun, parce que Moi je me démarque, parce que Moi je ne suis pas fringuée comme une salope de bourge, parce que Moi je suis une merde et les gens aime ça. C'est bien ça le pire. «Wow, Angie comment tu fais pour en avoir rien à foutre des autres? Comment tu fais pour assumer totalement les rumeurs et ton look dis moi.» Je ne suis pas comme toi, voila pétasse. Je ne suis ni moi-même, ni quelqu'un d'autre. Un simple reflet de la société qui fait que, j'agis dans le mauvais sens. J'agis comme une gosse mal gâtée, qui se nourrit de la colère des gens et du fait qu'elle les pourris. Ouais, je suis ainsi. Je suis méchante. C'est pas de ma faute me direz-vous, je ne suis pas nette. J'ai un fantôme qui me poursuit depuis plus d'un an. J'ai de quoi être méchant non? Dites-moi oui. Dites-moi que j'ai le droit, que je ne suis pas en tord. Ce fantôme me hante. David me hante. Ah pardon, me hantait. Voilà deux semaines qu'il s'est barré, pauvre con. Salop. Abandonne-moi vas-y, j'attendais que ça tu sais. Tu crois avoir raison? Je vais te prouver le contraire. Te prouver que je peux très bien me démerder sans toi, tu verras. Tu rigoleras moins après.
J'ouvre les yeux doucement, je pense à Tom. Mon portable vibre, j'ai la flemme. Je le sors de sous l'oreiller et décroche.

- Angie?

- Oui, c'est qui?

- Romain... Hum comment te dire... J'ai un léger problème...

- Explique toi.

- Tu peux venir me chercher; au commissariat.

- Oh putain tu fais chier. J'arrive dans une heure.

- Quoi? Mais magne ton cul bordel!

- Hey! C'est toi qui est là bas, pour une bonne raison surement, alors non, je ne vais pas me presser pour ta gueule.

Je raccroche. Oui je l'aime mon Romain, ça ne se voit pas c'est tout. Ce mec est plus foutu que nous tous réunis. Commencement à 13 ans avec des joints, ouais, comme tout le monde. Le terminus sera surement le même que beaucoup d'entre nous, du blanc plein le nez. Notre chemin est tout tracé. On sait ce qu'il va nous arrivé. On est au courant. Et ça ne nous fait pas peur. En tout cas moi, je n'ai pas peur.

Je me lève. Un nouveau message sur le fix: «Oui ma chérie c'est maman, c'est pour te dire que je ne rentrerai pas pour ton anniversaire, j'ai des montagnes de chose à faire tu sais. J'ai rencontré un créateur génial il...» J'efface le message avant qu'il soit finit. J'en ai rien à foutre putain de ton taff maman. J'en ai jamais eu rien à foutre alors voilà, que dire de plus. C'est cool pour toi, toi t'as toujours du monde autour de toi. Moi j'ai plus grand monde et le seul qui me suivait s'est barré. Donc je suis seule ouais. Ca peut faire du bien, comme du mal. On choisit pas sa famille parait-il. Putain heureusement sinon j'aurai choisi des parents bien pourris.

C'est flippant tout de même, j'ai une gueule à faire peur. Plus de vie dans les yeux, plus de force dans les jambes. Plus d'émotions, plus de sentiment. Plus rien ne parait sur mon visage. Tout est vide en apparence. Je crois être devenue un véritable cadavre. C'est con. Se détruire à ce point. J'avais pas de but précis. Pas d'appel au secours, pas envie de faire l'intéressante. C'était juste une envie d'essayer, de partir à petit feu. Partir loin maintenant ou plus tard, on ne sait pas. Autodestruction. Rien de plus, rien de moins.
Je marche sur le chemin du commissariat. J'ai été renvoyé du lycée. Mes parents ont été convoqués mais bien sur ils ne sont toujours venus. Peut être que le directeur de l'établissement aura une chance de les voir avant la fin de l'année scolaire. Sur ma route je croise Joey. Elle n'habite pas Passy. Je ne sais pas ce qu'elle fait là. C'est une amie d'enfance. On était dans la même école primaire Je la prend dans mes bras. Voilà bien quelques mois que je ne l'avais pas vu.

- Comment vas-tu ma belle?

Je ne sais pas trop quoi lui répondre. Je vais très bien Jo', je t'assure. Non en fait c'est du mytho je suis en train de tombée au plus bas qu'on puisse tombé et j'arrive pas à m'sauver. Si j'en avais au moins l'envie.

- Ca peut aller et toi?

- Bah ouais. J'allais voir Romain là.

- Ah il a déménager, il est en plein 17ème maintenant. Mais tu le trouveras pas chez lui là... Justement j'allais le chercher.

- J'peux t'accompagner?

- Bien sur. Il est au commissariat...

- Encore pour possession de drogue ou violence j'imagine.

- Les deux peut être j'en sais rien. Depuis le temps que j'me fais passer pour sa soeur tu sais, je signe les papiers sans trop chercher à comprendre.

- Les flics sont vraiment débiles. Ils ne se doutent de rien.

- C'est bien pour ça qu'on en profite.

On se mit à parler tout le long. Tout ce qu'il nous est arrivé ces derniers temps. Des fêtes, des mecs, de la drogue. Elle me fit une morale du tonnerre mais savait très bien que je n'écoutais personne, pas même elle.
Arrivées au poste. Je demande les papiers pour libérer Romain, disant que je suis sa soeur. La tête déconfit du policier m'inquiéta. Il me dit qu'il était désolé mais que Romain n'était plus l . Il avait fait une overdose dans sa cellule et avait été emmené aux Urgences.
Non. Pas lui. PAS LUI! Joey me prit dans ses bras et me dit qu'on allait prendre le premier taxi pour aller le voir.

- C'est un solide, c'est pas une p'tite over' qui va le tuer. T'en fais pas il va se remettre; tu verras.

J'avais peur, plus que peur. Je voulais hurler dans ce putain de commissariat . Romain c'est un peu l'homme de ma vie. Mon idéal. Le meilleur ami que tout le monde rêve d'avoir. Parce qu'il est généreux, adorable, gentil, tout en étant franc. Il ne cache jamais rien et exprime toujours le fond de sa pensée. C'est MON Romain. Un ange, un peu drogué, un peu cassé, mais un ange quand même.
En cet instant, dans le taxi, entre deux réconforts de Jo', je me jure solennellement qu'une fois sorti de cet hôpital, je payerai la meilleure cure pour qu'il sorte de cette merde, quitte à m'y foutre avec lui. J'dois vraiment t'aimer espèce de saloperie pour dire des trucs pareils.
On arrive à l'hôpital. Je hais les hôpitaux, c'est plus fort que moi, j'peux pas. C'est surement psychologique hein. Ca sent la mort quand tu entres là dedans.
Joey demande ce qu'il en est du cas de Romain. Je m'assois dans la salle d'attente. Les gens déjà installés me font pitié. Tous avec leurs têtes fatiguées, leur désespoir que l'on lit dans leurs yeux et les larmes de certain. Voilà pourquoi je n'aime pas les hôpitaux. Ca ne renferme que du mal, des pleurs, des morts.

On a du passer bien trois heures dans cette salle. A voir arriver des gens, à voir pleurer des gens, à voir du sang, des malades sur des brancards, des enfants hurlant «Maman!», de tout. A en vomir. L'espoir et le désespoir mélangé dans cette pièce me donnait la gerbe. Je n'en pouvais plus.
Un médecin est arrivé. Il s'est assis à côté de nous.

- Vous savez, les jeunes qui commencent si tôt, des drogues aussi forte , ne peuvent pas tenir le coup. On a tout essayer, on a tout tenté. Je crois que Romain n'avait plus rien à donner ici. Je suis navré.

Ok. C'est finit. Ne m'appellez plus Angie, ne venez plus me voir, ne me serrez plus dans vos bras, ne me parlez plus, laissez moi. Laissez moi vraiment. Je ne veux plus personne. Je ne veux plus rien. Être seule. Point.
C'est connard le barbare qui couverne l'étoile la fin sur les trottoirs de la Californie. Romain si t'es pas à Los Angeles j'espère au moins que t'es pas ici.

On s'achète, on se vend, au vent des hémisphères.
On se jète, on se prend, contre un bout d'éphémère.

13.
__________

Romain.

C'est fou quand même. Les fêtes, la baise, la drogue. Tout ça tourne comme une parfaite harmonie. On ne voit plus l'un sans l'autre. Baiser sans être défoncé devient trop banal. En réalité, ce que vous pensez inconcevable, dépravé, ou trop hors du commun est devenu pour nous la simplicité même. La drogue est devenue notre nicotine et la baise notre nourriture. On est de sale gosse pourri au plus haut point. Des fils de riche claquant 150 euros dans une paire de chaussure chaque semaine. Pour ma part mon père à toujours su m'acheter et je ne l'en remercie pas. Je n'ai jamais été catégorisé: produit à acheter en édition illimité. J'crois être un être humain, certes, un peu mort mais humain. J'ai jamais aimé l'amour ni le bonheur. En même temps, j'y ai que rarement touché. Alors faites votre critique aujourd'hui et tout les autres jours qui suivront, déjà que j'm'en contre fichais, mais là c'est plus que du Jean Foutisme: je suis mort, j'en ai vraiment plus rien à battre. On m'l'avait dit de toute manière, que j'tiendrais pas longtemps. Mais ça aussi, j'm'en foutais. J'ai toujours vécu, si je peux employé ce terme pour définir la présence que j'ai effectué durant 18 années, comme je l'entends. Toujours. J'ai jamais cherché à me ranger dans un rang, à faire le beau, à faire style que tout va bien, à être comme tout le monde. J'ai toujours été au delà de la norme et jamais dans le rang. Toujours en dehors. C'était volontaire, je vous l'accorde. Je suis stupide, pourri gaté, arrogant et méchant. Egoïste c'est totalement le mot qui me définie. Parce que même si j'aide certaine personne, même si de voir ma petite Angie dans cet état me déplaie, c'est ma gueule avant tout. Toujours.
Je ne sais pas trop ce que je suis aujourd'hui. J'me balade dans les rues de Paris, je passe à travers les gens, je suis totalement invisible, de tous. C'est flippant. En fait, j'ai l'impression d'être en bad trip non stop. Je revis mes derniers instants tous les matins, tous les soirs, toutes les nuits. J'ai des moments de répits parfois. Je crois que, s'il y a un Dieu là haut, il n'a pas voulu de moi, voilà pourquoi je suis là aujourd'hui, transparent, sans couleur, mort. Vu par personne mais je vois tout le monde. J'entends des choses que je n'entendais pas avant. Bizarre.

Les filles du 16 et du 17 ème. Des putes. Plus particulièrement les amies d'Open. Open est surement la plus grande pute de notre génération. Elle est belle, milliardaire, a de la classe et elle le sait. Elle en profite. Elle et moi avons été classés comme plus grands salops du monde de la luxure. Je suis peut être un salop, un méchant garçon. Non pas peut être, c'est sur. Je joue surtout du fait que tout le monde me connait et que bon nombre des putes de soirées veulent rentrer avec moi, après la fête. Je n'ai jamais baisé Open. Je crois qu'on est trop complice. C'est con d'entendre ça de la bouche d'un mec qui baise avec tout le monde, n'importe où, n'importe quand. C'est désespérant n'est-ce pas? Je m'en fou. Votre avis me passe bien au dessus.
Les fêtes d'Open se ressemblent toujours.
0h00: La fête commencent, les gens arrivent, ça se fait la bise, ça parle, ça rigole des autres, ça critique.
1h00: Musique à fond, les gens se rencontrent, dansent ensembles, commencent à se chauffer mutuellement.
1h30/2h00: Des gens tournent, la drogue fuse de partout. Extasy, Speed, LSD au début.
3h00: On commence à voir du blanc sur le nez et dans les mains des gens. Les toilettes sont remplis. C'est flippant la plupart en ont. On se croirait dans un repère de camé.
3h30/4h00: Bourré ou défoncé, ou même les deux; la fête devient un baisodrome. Tu monte aux chambres, tu ressort, tu danses, tu remonte. Et ainsi jusqu'à 6h du matin.
6h30: Open te fous dehors, tu rentre chez toi, seul ou accompagné, complètement arraché. Tu finis souvent la nuit devenue le matin assis sur un banc à regarder le soleil se lever.

Voilà. Et bien sur, Angie va à une de ces fêtes ce soir. Une semaine que j'ai disparu de sa vue et elle passe ses nuits chez Open, où chez d'autres... Dans les bars, à rencontrer des bâtards, à faire la pute. Défoncée comme dix tout le temps.
Minuit, comme d'habitude les gens arrivent. Angie arrivent toujours qu'à 1h. Pour que se soit les autres qui viennent lui dire bonsoir, qu'elle profite directement de la musique, et que dans seulement trente minutes elle puisse profiter des joies de la drogue.
C'est comme ça tout les soirs. Ca me fait mal au coeur, je voudrais tellement lui faire comprendre que tout ce qu'elle s'inflige ne sert à rien, que je ne reviendrais pas ainsi.

Ce soir il y a beaucoup de monde. De la bonne musique, j'aurai aimé participé à cette fête. Depuis peu dans les soirées d'Open, les cocaïnomane se sont mit à plus... Un truc plus fort. Un truc qui te transperce la peau, qui te fais un putain de flash . Un truc qui passe directement par le sang . L'héroïne . Lili ne s'y est pas encore mit et je croise les doigts pour qu'elle ne touche pas à cette merde. Open se shoot qu'en soirée mais c'est déjà trop. Lena est devenue un zombie. Cette petite qui ressemblait à une poupée adorable et perdue, est devenue cadavérique. Ne sait même plus ce qu'elle prend. C'est au hasard, on lui donne, elle avale, elle sniffe et voilà. Angie sait tout ce qu'elle prend, elle a conscience du mal qu'elle se fait, mais ça lui plaie, c'est différent, c'est pire.
Ce soir était le soir de trop. Angie n'en pouvait plus. Elle riait trop, buvait trop, chauffait trop, sniffait bien trop. Ce soir était le soir de trop. Angie suivit un mec dans une chambre. Se passa ensuite ce qu'il se passe toujours. Ce soir était le soir de trop. Angie a faillit y passer.

Ce soir était le soir de trop.

14.
__________

Bill.

Encore un ange. Un ange de plus. Une vie de plus. Est-ce que quelqu'un sait ce que nous cherchons? Je crois être le seul à comprendre sur cette foutue terre que la vie vous baise autant que vous baisez les putes des bars. Voir plus. Je crois être le seul des quatre amis que nous étions, il n'y a pas si longtemps. Je lui tiens la main. Je ne la connais pas bien si que ça. Mais quand on m'a dit que Angie était à l'hôpital, qu'elle avait manqué l'overdose, je me suis senti concerné. Tom, vous savez, Tom, c'est foutu... Je lui tiens la main et je lui chante une vieille chanson. Queen. Un autre héro, un autre crime stupide. Derrière le rideau, dans la pantomine. Tiens le coup. Est-ce que quelqu'un peut encore y arriver? Tu es forte Angie, tu vas t'en sortir. Les bips incessants des machines auxquelles elle est branché m'énervent. Je n'en peux plus de cette univers blanc, mort et terrifiant. Je voudrais mourir. Je voudrais partir. Pourquoi suis-je là? Pourquoi est-ce que je me pète la gueule à chaque fois, à aider les autres, à les sortir de la merde? Je suis moi même dans la merde. Et lorsqu'il s'agit des gens que j'aime, je change. Je ne pense qu'à ma gueule. Je me demande bien ce qu'il va m'arriver maintenant. La presse est au courant de tout. La drogue, le sexe, la manipulation. Et bien sur la production est blindée. Elle n'y est pour rien. Nous sommes les seuls fautifs. Mais bien sur. Qui a exiger de nous 10h par jour de travail, de répétition, de chant, de musique? Eux. Personne d'autre. Nous n'avons jamais voulu tout ça, jamais. On voulait vivre notre rêve, comme l'aurait voulu n'importe quel jeune dans notre situation. Mais non, bien sur. Il en fallait toujours plus. Il fallait impressionné, encore. Toujours. Je m'en veux. Si j'avais pas dis oui, à tout, si j'avais pas obéis à tout ces gens, Tom... serait sauvé. Georg et Gustav seraient encore mes amis, on ferait encore des concerts. On serait pas dans la presse à scandale. Merde. Je ne suis qu'un connard. Mais quand comprendras-tu que nous accepterons jamais ta soumission? Pardonnez-moi.

- Tu parles tout seul Bill?

Angie venait d'ouvrir les yeux. Elle me souriait doucement.

- Non, je réfléchissais. Comment tu te sens?

- J'ai soif.

- J'vais aller chercher quelqu'un pour qu'on s'occupe de toi, moi j'vais... Tu sais...

- Oui vas y. C'est plus important que moi Bill.

- Dis pas ça.

- C'est ton frère.

- Je reviendrais dans la soirée.

Je crois que c'est le moment. Vous savez ce moment où vous refermez une porte, que vous marchez sur quelques mètres, dans un couloir aux odeurs qui vous foutent la gerbe. Et là vous vous écroulez. Putain! Dites moi que tout ça n'est qu'un cauchemar! Qu'un sale rêve de merde qui me donne l'envie de mourir. Ma vie sans lui n'a plus aucun sens. J'peux pas. Je suis désolé. Je ne peux pas. C'est au dessus de mes forces. Mon frère c'est tout ce qu'il me reste. J'peux pas accepter ça. C'est ma famille, mon coeur, mon sang, ma vie. Ma moitié. Sans lui j'suis comme demi-vivant. J'sais pas si ça ce dit mais je m'en fou. Je m'effondre contre un mur, je me laisse glisser pour m'assoir. Je met mes genoux contre mon torse et pose ma tête dessus. Je n'ai pas dû pleurer depuis plus de deux ans. Je pleure. Je ne m'arrête pas, je n'essaye même pas d'empêcher les larmes de couler. Ca m'explose les yeux, je n'en peux plus, je suis fatigué, épuisé, usé de tout ça. Sauvez moi. Rendez moi ma vie.

- Bill?

J'ose à peine relever la tête de peur de croiser un regard de pitié, ou encore une groupie. Mes yeux trouvent ceux de Kiyu. Elle était accompagné de Lena qui était déjà dans la chambre de son amie.

- Ca va aller?

Mais c'est qu'elle insiste. J'veux pas de ta pitié, retourne dans ton monde de bourge. Croyez que vous êtes les meilleurs, avec votre dope payer sur le dos de vos parents et snifer dans les chiottes de vos appartements luxueux. Laisser moi crever.

- J'voudrais être seul. S'il te plait.

Kiyu se mit à ma hauteur et me regarda dans les yeux. Son regard profond, cette couleur noir et cette forme en amande; craquant..

- Je ne suis surement pas la plus malheureuse du monde. Mais j'ai vu des gens souffrir autour de moi. J'ai pas d'expérience en vie chaotique, en pleur, en peine. J'y connais rien non plus aux envies de crever ou qu'on vous laisse seul pour l'éternité. J'suis pas très douée pour parler comme certaine personne, avec des mots sublimes, et tout ça tu vois. Mais ce que je sais, c'est que j'ai réconforté plus d'une fois Romain, Joey, Lena & Angie. Et j'en ai rien à foutre que tu sois une star pratiquement mondial. C'est pas ça qui m'intéresse. Moi quand il y a des gens dans la merde, j'me fais un plaisir de les aider, de les soutenir. Alors tu peux t'entêter à dire que tu n'as besoin de personne comme le fait tout le temps Angie. Mais moi j'y crois pas à ses conneries.

- Un autre jour peut être, merci Kiyu mais là... J'peux pas... J'vais monté à l'étage au dessus.

- Oui j'comprends...

Craquante. Malgré l'état pathétique dans lequel j'étais, en me levant pour monter dans l'ascenseur je la trouva craquante, adorable. Reprends toi Bill, c'est pas à toi qu'il faut penser en ce moment. Ha ha, tu vois, facile à dire. Tu vois Bill, tu crois toujours pouvoir passer outre ton égoïsme, mais c'est comme ça. Tu ne penses qu'à toi, tout passe après ta propre personne. Va crever oui! Va crever!

Est-ce que quelqu'un sait pour quoi nous vivons?


15.
__________

Angie.

Je suis rentrée chez moi ce matin. A 8h. Il est maintenant 10h. Voilà donc deux heures que je suis plantée là, à ma porte d'entrée grande ouverte. Le regardant. Il me souriait. Il était toujours aussi beau que la première fois que je l'avais vu. Il y avait toi à côté de lui. Tu me parlais mais je ne l'écoutais pas. J'étais en train de divaguer. Je suis complètement folle. C'est de ta faute, c'est de ta faute David si je suis folle. Tu m'as rendue bonne à enfermé. Je ne distingue plus la réalité du surnaturel. Je crois que je suis défoncée; encore. Je suis toujours plantée. Peut être que quelqu'un va osé me sortir de là, de ce mauvais rêve. J'ai déjà assez de toi sur le dos, si en plus je dois vivre avec le fantôme de Romain, tues-moi. Tuez-moi en cet instant. Je ne sais plus ce qui est vrai, ce qui est faux. J'ai tout oublié. Je suis Angie, je suis une drogué, une folle, une gamine pourri gâté aux allures de salope. Je fais peur, je suis devenu méchante, horrible, blanche, morte. Totalement morte. Il ne manquerait plus qu'une balle dans la gueule pour que tout le monde puisse le voir. Parce que personne ne voit rien. Qui pourrait bien le voir? Mes parents? Laissez-moi rire. Mes parents me sont encore plus étranger que ma prof de maths. Lena? Ma belle Len'? Non, je suis bien trop protectrice pour lui faire partager tout ce qu'il ne va pas. Elle a ses problèmes, je l'aide, point final. J'veux pas la saouler. Romain? Romain a toujours été bien trop défoncé pour se rendre compte de mon état. Même s'il le voyait, il devait se dire que c'était les substances ingurgitées qui lui faisaient croire cela. Stupide hein? Romain a toujours eu un comportement puéril envers lui même. Plus que stupide en effet. Mes autres amis? J'évite. Je n'aime pas qu'on me vienne en aide, je crois avoir toujours été clair sur ce point. Alors voilà. Personne ne remarque que je suis déjà morte de l'intérieur, depuis bien longtemps. Mais je n'en veux à personne. Même pas à toi David, tu vois. Tu le sais, que je t'aime, que je t'aimerai toujours. Que je crèverai avec ton nom dans la bouche. Mais vous deux, je peux pas supporter. Ma tête tourne, j'me sens pas bien. Je m'assois à terre. Tu t'avances vers moi et me prends dans tes bras. Si vous verriez la scène, vous seriez en train de rire. Une pauvre nana qui enlace le vide. Le vide. Depuis un an tu n'as été que ça David, le vide. Je sais que si tu es de retour, c'est pour ne plus jamais partir. Tu ne vas pas partir, avoue? Je ne sens plus rien, plus mes yeux qui pleurent, mes mains qui tremblent. Il y a à peine une minute je sentais tout ça. Là, c'est plus que vide. Le néant à remplacer la peine et les pleurs. Je suis dingue. Dingue de toi David, dingue de Len', dingue de Romain, de tout les autres. Dingue de Tom. Je suis amoureuse. Amoureuse d'un mort. Il est mort n'est-ce pas? Hein David? Il est mort. Je sais je sais... Tant qu'il y a de la vie il y a de l'espoir, c'était une amie à moi qui disait ça souvent, elle avait un prénom représentant l'enfer. Ca lui allait bien. Angie ne signifie plus rien. Absolument rien. Je ne suis plus rien. C'est comme ça alors, que je vais finir? Complètement perdue, à voir des fantômes. Non, je m'y refuse.
Je ferme alors les yeux et je marche à l'aveuglette dans cet appartement que je connais si peu, faute d'y vivre occasionnellement jusqu'à ma chambre. Une fois à l'intérieur j'ose entrouvrir mes yeux. Personne. Ouf. Vite, je cours vers mon tiroir à sous vêtements et j'en sors un sachet de poudre blanche. Que voulez-vous, les filles ne sont pas si originales que ça pour cacher ce qu'elles ont de plus précieux. Carte de crédit. La gold c'est cool pour ça. On se la pète hein! Un, deux, trois... Aller cinq rails. Autant crever en étant plus que bien non? J'ai déjà de nombreuses choses dans l'organisme, ceci ne fera qu'augmenter la dose. Je m'les enfile à la vitesse de l'éclair. Je me sens déjà mieux. Je me sens déjà partir. Je me sens déjà planer. C'est bon.
Je m'en vais. Peu m'importe l'état dans lequel je suis. Je croise David, suivit de Romain dans le couloir. La seule phrase que je leur dirais, surement la dernière:

- Vous en faites pas pour moi les gars.

Et je suis partie. J'ai claqué la porte. Je suis partie, sans mon sac, sans mon portable, sans rien. Juste la tête qui tourne et bien trop de gramme d'alcool et de drogue dans le sang pour marcher droit et ne pas tomber. Alors je m'accroche à la rampe d'escalier. Putain j'me souviens, ce que j'avais peur ce soir là. Et il m'a ramené. Tom. Le gentil Tom qui baise tout le monde en faisait croire que de la bande, c'est lui le plus salop. Ha ha. Je manque de tomber à la dernière marche, je sors de l'immeuble. Je me sens flotter. Je traverse la route, sans me soucier qu'il y a des dizaines de voiture qui roulent à cette heure ci de la journée. Pourvu qu'elles m'écrasent. Qu'elles me réduisent en miette, qu'elles fassent de ma peau des lambeaux. Que je ne sois plus que sang sur le bitume. Pourvu que. Je ne suis rien en ce monde qu'un jeune de plus qui emmerde la société, les rêves et les études. Je ne suis rien en ce monde qu'une personne de plus se plaignant de ne pas avoir assez de ceci, ou de cela. Mais rien ne manque. Mais rien ne me va. Voilà le problème. Je ne suis rien en ce monde, qu'une fille, folle et totalement arrachée. Arrachée de l'intérieur, bourrée et défoncée. Ma vue se double et mes jambes se mettent à accélérer. Je me met à courir sans m'en rendre compte. Aussi vite que je puisse aller. Je cours encore, tournant dans des rues, bousculant les passants, manquant de me faire écraser plus d'une fois au milieu de la route. Pourquoi m'avez-vous manquer?
Sans m'en rendre compte je venais de parcourir au moins cinq kilomètres et j'étais devant l'hôpital. Je suis rentrée. Je hais les hôpitaux, encore plus ici et maintenant. Je hais. Je hais le monde, remplis d'hypocrite, de criminel et de capitaliste. Je hais les gens, avec leurs regards ignobles qui veulent tout dire. Je me hais. Avec mon regard vide et mes mains qui tremblent à nouveau. Je me hais, par dessus tout. Par dessus les gens, par dessus le monde. Je me hais. J'entre dans une chambre; sa chambre. Il est allongé, calme, il a l'air bien. Je lui prends la main et la sert, très fort, à lui en faire péter les veines.

- Je t'aime, réveilles toi.

Puisqu'on s'aime, et puisque toi t'y crois, encore, quand je te dis que je t'aime,
que je t'aime à l'amour, que je t'aime à la mort, tant qu'on respire encore.

16.
__________

Tom.

Je n'avais pas imaginé une fin pareille, surtout en ta compagnie. Je ne pensais pas que tu étais si fragile, au point de mourir sur ce lit, auprès de moi. J'aurai cru que tu tiendrais plus longtemps. Comme d'habitude je me fais de faux espoirs et je m'attache aux gens qui s'en vont le plus vite. C'est débile mais je suis ainsi. Je dois avoir un aimant à personne à temps de vie réduit. Surtout que toi, toi t'es comme moi putain. C'est pas pour te vexer. On est au même point toi et moi. Seulement moi je pensais pas ouvrir les yeux, et toi, tu pensais pas les fermés si vite, si? Je ne sais pas. Je ne tire pas de conclusion trop vite, je ne te connais pas si bien que ça en réalité, mais le peu que je connais me suffit et me satisfait. Je suis heureux de voir que je ne suis pas le seul à avoir une vie vide et sans sourire. C'est triste à dire. Tu sais j'aurai donné ma vie de merde contre la tienne. Que tu respires encore, que tu souris à nouveau. J'aurai aimé tu sais, te le redonner, ce sourire. Putain ce que tu dois être magnifique quand tu souris. Ca fait longtemps n'est-ce pas, que tu ne souris plus? Je voudrais t'avouer une chose, toi qui suffoque sur mon lit, je voudrais t'avouer tout l'amour que je te porte. C'est étonnant venant de moi, de dire cela, je sais. Mais voilà. Si tu savais à quel point tes yeux me donnent des secousses. Tu sais les secousses cardiaques où tu manques de tomber dans les vapes en te noyant à l'intérieur. J'ai cru être parti tu sais. Et quand j'ai vu que j'étais toujours là, deux sentiments se sont mélangés dans ma tête. Celui de la déception: merde alors, je suis encore en vie. Et celui de la joie: je vais pouvoir te revoir, toi et toi seule. Je sais qu'aujourd'hui, en cet instant, ces mots n'ont plus aucune valeur, mais j'en avais besoin. Ca fait des années que je ne vide plus mon c½ur à quelqu'un et ça fait mal. Tu dois connaître ça toi aussi. Se remplir de sentiments différents, ignobles autant que magnifiques, et tout garder. Pendant que j'étais dans ce néant, l'immense néant qui effraie, qui paralyse, j'ai pensé à toi, je te le jure. J'entendais des gens, me parler, me serrer la main, me demander de me réveiller, d'ouvrir les yeux. Mais j'avais pas envie. Parce que toi, t'es pas venue. T'es pas venue me serrer la main, me dire que t'étais là, près de moi, que t'avais envie que je me réveille. Alors voilà, je suis rester dans ce néant apeurant. Je suis têtu et con, mais c'est ainsi quand j'aime. Ne m'en veux pas je t'en prie, de n'avoir ouvert les yeux que lorsque tu as posé ta tête à côté de moi et que tu m'as murmuré un tendre «Je t'aime» à l'oreille. Je n'attendais que ça et il fallait que tu t'en ailles. Je ne peux pas bouger; quelqu'un s'il vous plait, je ne veux pas que tu partes, t'as pas le droit. Je suis rester dans ce néant avec l'espoir que tu viennes, et tu es enfin venue, ce n'est pas pour que tu disparaisses. Ce néant tu vois, c'est la manifestation de ton absence. Je m'exprime mal, j'ai pas l'habitude excuses-moi. Pour faire plus simple: sans toi, c'est le néant, c'est le vide, la peur. Je voudrais avoir la force de chanter quelque chose, pour que tu te réveilles; que je vois à nouveau la couleur de tes pupilles. Te dire que le monde est beau, et que c'est beau d'aimer, devenir le soleil pour sécher tes sanglots et faire battre le ciel pour un futur plus beau. Je voudrais tant. Je n'ai la force de rien. Je ne peux que te regarder t'en aller, pour toujours. Je sens une marrée de sel monté à mes yeux. J'ai encore la force de pleurer. Je m'en veux putain, je voudrais pouvoir bouger mon bras, appuyer sur ce bouton, te sauver. Si tu me fais ça, je viens avec toi. J'ai erré dans le noir je ne sais combien de temps, des jours, des semaines, je pense; ce n'est pas pour que tu me laisses. On va marcher au chantage, c'est toi et moi, vivants, ou morts. Point final. Je t'entends à peine respirer. Mes larmes coulent de plus belle. Je n'ai plus la force de rien, j'ai l'impression de sombrer à nouveau, de tomber dans un gouffre sans fin. Avant que ne se fasse entendre le dernier souffle, je fais l'effort surhumain d'attraper ta main et de la serrer aussi fort que je peux. Je te murmure un: Moi aussi, je t'aime. Tu vois, on est pas si mal en réalité. Je pourrais rester là, ta main dans la mienne, tes cheveux dans mon cou, et ta respiration saccadé et ralentit m'effleurant la joue. Je suis bien, j'espère que toi aussi. Tu sers un peu ma main. Je ne vois plus l'intérêt de te sauver. Je sais que tu n'en as pas vraiment envie, tu veux juste rester là, non? Promets moi que de là haut on se lâchera pas la main, s'il te plait. Ca serait bien tu penses? Tu crois qu'il y a réellement un paradis, qu'on y sera accueillit les bras ouverts? Au pire on ira sous terre. L'enfer ne peut pas être pire que sur cette planète. Alors c'est ainsi, quand on se sent partir. Ta main se desserre de la mienne et dans ta dernière respiration je crois avoir vu un sourire m'étant destiné. Ne t'inquiète pas Angie, quoiqu'il arrive, où que tu sois, en haut ou au plus profond des abîmes, je serai là.

Je serais toujours là Angie, toujours.

Epilogue.
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« Tu vois ma belle, on était pas fait pour ce monde. On l'a jamais été. On est bien là tout les deux; à mater l'être humain en train de se détruire. Et puis les nuages c'est toujours plus doux que les flammes de l'enfer non? »

Tom.


« J'étais pas sure d'avoir bien compris. Je crois que ma vie s'est envolé, en même temps que la tienne. Pardonnes moi pour tout. Tout ce que je vais faire à présent, tu resteras la femme de ma vie. »

Len`.


« J'étais bien trop aveugle, de croire que tu t'en sortais mieux que moi, mais putain, qu'est-ce qu'on a fait là Angie? »

Romain.


« Merci. Merci Angie. Tu vois, même si la solution n'était pas la meilleure, t'as trouvé le moyen de me laisser tranquille. Même si je doute que tu pensais à moi à ce moment exact. Et tu vois, tu t'es trompé, ce n'est pas mon prénom que tu a prononcé juste avant ta mort, c'est le sien , Angie... Je t'aime. »

Le fantôme qui te suivais.
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# Posté le samedi 06 septembre 2008 10:44

Modifié le samedi 06 septembre 2008 12:27