Prologue.
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Elle est tout ce que je hais, déteste, méprise au plus haut point. Tout ce que je ne peux pas supporter. Le comportement le plus ignoble, celui qui me fait craquer. Je la hais; plus que tout, plus que n'importe qui sur cette terre. Elle n'a rien à envier, rien à donner. C'est une fille pommé qui ne croit en rien, ni en dieu, ni aux anges, ni à la bonté humaine, ni à la vie. En rien. Rien ni personne. Elle ne donne jamais sa confiance. Et le pire dans tout ça, c'est qu'il y en a qui la supporte, qui font avec.
Cette fille c'est moi et vous n'avez pas finis de lire que je me hais sur tous les bords possibles.
Éclairer, l'obscurité.
1.
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Le métro. J'ai toujours aimé le métro. Assise sur une vieilles banquette sale et abimé, je zieute les gens du coin de l'½il; je m'amuse, vraiment. En réalité je cherche leur plus grand défaut. Ainsi je suis rassurée parce que je me dis que je n'ai pas ce défaut là. J'imagine leur vie; comme ce jeune homme, habillé très classe qui n'a pas encore assez de fric pour se payé une voiture et qui sait que, de toute manière, avec les embouteillages, il arriverait en retard, serait virer, et ne pourrait pas payé la pâté de son chat. Cette vieille dame, qui prend toujours le même métro, à la même heure. Qui s'arrête à la même station, tous les jours. Tous les jours. Qu'attend-elle? Où va-t-elle? Peut-être voir son mari au cimetière, la station à laquelle elle s'arrête n'est pas si loin de cet endroit. C'est étrange, de voir à quel point le désespoir et la solitude poussent les gens à faire toutes sortes de choses répétitives pour vivre.
Je suis une mal polie. Je suis Angie. C'est un prénom si original et si naturel à la fois quand on me voit avouez-le. C'est surement la seule chose que j'aime chez moi. Mon prénom. Il fait penser à une petite poupée fragile et sans défense me disait ma grand mère. Depuis la première fois qu'elle m'a dit cela, j'ai tout fais pour être tout le contraire d'une petite poupée fragile et sans défense. Je sais me débrouiller seule, j'assure, je suis assez forte pour ça. Je me hais pour ça, mais je suis ainsi. J'habite Paris. Une ville en pleine dégradation et délinquance à en vomir. C'est pitoyable. Mais j'aime cette ville. Il y a toujours quelque chose à faire, à voir. Je suis en première littéraire, anglais renforcé. Tout le monde s'en fou, pas moi. Je suis le traducteur de tout le monde; à croire que je suis un dictionnaire vivant, je devrais être payé pour chaque mot demandé tiens! Je n'ai pas le look qui passe inaperçu . Garçon manqué, androgyne parfois et très mal vu par beaucoup de fille de mon bahut. Comme d'habitude: rien à faire. J'ai une réputation de lesbienne, qui baise tout ce qu'elle trouve, alcoolique et droguée. Cool.
Je suis donc dans ce métro, en direction de mon lycée. Le métro s'arrête, la petite vieille descend, elle se retourne avant que les portes ne se referment et me regarde, droit dans les yeux. Je suis déstabilisée et baisse le regard. Le métro redémarre et quelques stations plus loin, je descend, monte les escaliers menant à dehors, et me retrouve dans la rue de mon lycée. De petites putes. Toutes. Sans exception. Bon d'accord excepté quelques unes avec qui j'ai lié certaines affinités tout de même. Je vois au loin Sarah qui me fait de grand signe de la main.
Sarah c'est une grande folle. Elle se résume en un seul mot: galère. C'est plus fort qu'elle, il faut toujours qu'elle se fasse remarqué, qu'elle se retrouve dans le bureau de proviseur pour gueuler parce que la nourriture de la cantine est dégueulasse, faire des manifestations, gueuler à ne plus avoir de voix. Sarah c'est de la folie pure, mais on l'aime ainsi. J'aimerai être comme elle parfois.
Je marche jusqu'à elle, lui fait la bise et nous nous mettons à parler, de tout, de rien, de la fête de samedi. Et puis Sarah commence à entamer une discussion sur l'homosexualité. Ainsi, comme je le craignais, trois filles qui écoutaient surement ce que Sarah disaient vienne vers moi et me demande si les rumeurs sont vraies.
- Mais bien sur qu'elles le sont. Après tout c'est tout à fait crédible, je suis un garçon manqué, une fille qui s'habille si différemment des autres et des manières tellement peu soignées que même si vous n'écoutiez pas les rumeurs vous vous seriez dis: elle, elle est lesbienne. Oui car c'est bien connu , toutes les lesbiennes portent des pantalons moulants, des t shirt larges et des chaussures plates, toujours. Alors oui, je suis l'exemple parfaite de la lesbienne, et criez le sur tous les toits si cela vous fait plaisir, mais je m'en contre fiche, vous pourrissez dans votre supériorité à deux balles croyant être les plus fortes. Je suis plus forte que vous, Je ne suis pas de celle qui s'écroule parce que les autres tente de l'écraser. Essayer toujours de m'en foutre plein la gueule, avec vos talons de vingt centimètres, sachant à peine marcher dedans. Je ne suis pas de celle qui vont pleurer parce que vous et vos sales gueules de putes trouver quelque chose d'intéressant à faire passer dans ce lycée pourri. Mais continuez. Plus vous continuez, plus je serais forte. Je ne craquerai pas, je ne suis pas là pour vous, je suis là pour réussir, et croyez moi, je vais rire, quand, lorsque moi je sauterai de joie d'avoir eu mon BAC avec mention et vous, pleurant de n'avoir rien du tout, je rirais là oui.
Je suis partie. Tant pis pour les cours. Mais là non. Je suis partie. J'ai marché sans m'arrêter, je n'avais pas envie de prendre le métro. Mon portable vibre. « Sarah ». Je ne décroche pas. J'ai continué à marcher, marcher encore. Jusqu'à arriver devant une immense grille. Je l'ouvre, entre dans une sorte de jardin. Je croisais la vieille dame, oui celle du métro. Je lui fit un sourire timide et forcé. Quelques gouttes tombaient à terre. Le c½ur serré je me mis à courir. Manquant de tombé entre les pierres de marbre, posé à terre, gravés de nom, de poème. Je suis arrivée. Je me met à genou et le regarde. Son prénom. « Un ange sur terre durant 17 ans ». David. A croire que tu es l'épaule sur laquelle je tente toujours de me tenir. Même si aujourd'hui cette épaule est invisible. Je t'en ai voulu bien trop longtemps et aujourd'hui, c'est surement toi qui m'en veut le plus. Je te comprends. Je ne fais rien pour changer, et je ne ferais rien David, rien. Tu n'as pas à me donner d'ordre, tu sais à quel point je t'aime. C'est tout ce qui devrait compter pour toi car, cela ne changera rien. Je vois pas pourquoi tu me pousse à changer, je suis très bien ainsi. Très bien. Ok? Ne t'en fais pas pour moi, ne t'en fais pas, y a du monde qui veille sur moi sur terre et en plus de toi là-haut. Je me doute bien que tu dois t'ennuyer entre deux nuages, alors j'espère que tu me regarde de temps à autre et que tu souris parce que je te parle, que je crois que tu ne m'entends pas mais tu m'entends en réalité hein? Tu m'entends. Je me dis souvent que tout ça c'est dans ma tête, que je me fais des idées, je m'illusionne. Tant pis. Je m'illusionne pour toi, alors aucune importance.
Je me suis levée. J'ai regardé une dernière fois son prénom gravé en lettre majuscule. Et je suis repartie. Je ne sais pas où aller, j'ai envie... de quelque chose. Plus loin, je sonne chez Romain. Un ami. Le seul qui m'a jamais laissé tombé. Le seul. Il ouvre, voit ma mine un peu déconfit et me prends dans ses bras. On va dans sa cuisine, il fait chauffé un couteau, coupe un carré et me le file. A chaque clique de mon briquet, l'envie montait. Angie est une conne, elle va mourir ainsi. Ahah, comme si elle en avait quelque chose à foutre de la manière dont elle allait mourir. Feuille, tabac. Hop ! Roulé. Clique. Tire. Bonheur. Plane.
Plane... Plane... Plane...
2.
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Je n'ai plus de voix. A 18 ans. Tragique me direz-vous. J'aurai pensé garder le gout magique d'une fin de concert plus longtemps que ça. Vous savez celui qui vous reste au fond de la gorge, qui ne vous quitte plus avant quelques heures. Non bien sur, vous ne savez pas, car vous ne faites pas de concert. Disons que ce gout, je l'ai perdu depuis quelques mois. La cause en un mot? Commercialisation. Personne, personne ne m'en veut, ça fait partie du jeu. Parait-il. Il faudra bien que je m'y fasse, je suis usé. Toute ma vie, si courte soit-elle, j'y ai cru; j'y ai cru à cette célébrité, la belle célébrité. Celle qui vous fait planer à plus de 15 milles pieds. Celle qui vous fait toucher à tout. Au ciel surtout. Un peu plus et je touchais les étoiles, voir les satellites. Mais non. Je suis vite redescendu. Et mon frère est au bord du gouffre. Bordel. Je suis vide. Vide de tout. Plus il se décompose, et plus je le suis. C'est le principe des dominos. Il tombe; je tombe. Mais c'est bien plus que tomber à ce niveau. C'est de l'enterrement. Un trou dans la terre, une pierre de marbre qui se forme, jour après jour. Je crois qu'il a autant perdu ses doigts que moi ma voix. Ils sont tout aussi usés que mon âme. Voir plus. Le pire? Son c½ur. Enfin ce qu'il en reste. Le risque qu'il a prit? Jouer. Jouer avec la gent féminine comme si celles-ci n'étaient que des pions sur un échiquier. A trop jouer on finit par être le perdant de son propre jeu Il a perdu. Tout perdu. Ses yeux qui exprimaient tant de chose auparavant, n'exprime que le vide immense qu'est son c½ur. Je n'arrive plus à lire en lui, comme avant. Comme avant, quelle rigolade! Plus rien n'est comme avant. Plus rien. C'est déprimant, badant mortel, irrespirable. Mais on ne peut pas s'arrêter, c'est encore plus tragique que mon extinction totale de voix. On ne peut pas. On a signé. Le pacte du diable avec un démon d'une maison de disque prochaine à droite , dans les enfers . Nous deux liés comme des doigts à une main, ne ressemblons aujourd'hui qu'à deux personnes totalement différentes et étrangères.
Je monte la dernière marche de l'escalier. Il est là. Assis sur le rebord du toit de l'hôtel. Il regarde le vide. Tout à coup je pense à un de nos clips. Ce que j'avais le vertige ce jour là. Ne me fais pas un remake de cette putain de vidéo complètement bidon je t'en pris. Mon frère, mon sang, mon jumeau. Ah qu'on est beaux là, tous les deux, comme déchirés par la vie. Bill et Tom Kaulitz. Morts. Quoi dire d'autre? Chanteur et guitariste d'un des plus célèbres groupes rock. Tokio Hotel. Mon dieu, ça me parait si loin tout ça.
- Bill?
- Oui?
- Je veux pas que l'on me sauve, seulement que l'on me laisse. Pitié.
- Non Tom, non. Jamais. Je ne pourrais jamais te laisser, tu es mon frère .
- C'est la seule raison valable que tu as? Alors laisse-moi, ça ne me suffit pas. Plus rien ne me suffit.
- Rien ne t'as jamais suffit, alors je ne te laisse pas.
- Laisse moi! Laisse moi putain!
Je vis Tom se lever et cogner ses chaussures contre un poteau planté au milieu du toit. Il ne faut pas qu'il s'énerve, je ne veux pas que ça recommence. Tom s'énervait de plus en plus, il cognait partout. Il se mit à genou et cogna le sol. Jusqu'à voir que son poing était en sang. Je couru vers lui, le prit dans mes bras. Il me repoussa.
Je le hais lorsqu'il ne veut plus rien de moi. Je le hais depuis des mois à vrai dire. Mais je l'aime à la fois. Pourquoi avait-il fait ça? On avait pas besoin de ça. On a des fans par milliers, dans le monde entier. Toujours plus, monsieur Tom Kaulitz en veut toujours plus, et là... Jackpot. Le top du top. La cerise sur le gâteau, la gloire éternelle. Bon dieu. Après tout aujourd'hui, notre réputation m'importe peu, voir plus. Je m'en contre fiche. Ce qui me détruit c'est dans l'état qu'il est, là, maintenant. Je ne sais pas ce qu'il lui a prit. Il doit regretter, j'espère bien qu'il regrette! Et quelle idée de faire ça en plein concert. Je tente de ne pas ressasser tout ça. Il faut que je le calme.
Il était front au sol, recroquevillé. Je m'approchai de lui, doucement et je mis mes deux mains sur son dos. Je ne savais pas quoi faire. Que devrais-je faire après tout? Le laisser seul? Le prendre dans mes bras en redoutant qu'une fois de plus, il me repousse. Je mis ma tête contre sa nuque.
- Je suis là Tom, t'es pas tout seul, cesse de croire que tu l'es .
- Je ne suis pas seul, j'aimerai l'être, là est le problème. Fous moi la paix Bill. T'as pas compris? Ta présence me tue, j'en peux plus de toi, ok?
Et là je fais quoi hein? Je pleure, je le frappe, je m'en vais. Je me tue peut être, hum? Bonne idée. Mais non. Je suis d'une lâcheté bien trop grande pour me jeter de ce toit. Je le pris par les épaules et le secoua pour qu'il me regarde dans les yeux.
- Tu peux bien me haïr, me détester, personne ne peut te haïr plus que je ne le fais en ce moment même Tom, tu es une pourriture, que veux-tu entendre d'autre? Je n'y peux rien.
- Non Bill, je me hais plus que tu ne le fais. Ne t'en fais pas pour ça, je suis le plus détesté des deux. Je suis un égoïste, immonde. Détestable, totalement détestable.
- On a un concert demain, le parc des princes tu sais.
- Quelle importance.
- Il n'y en a pas, seulement c'est une obligation.
- Ras le cul des obligations. Ras le cul de tout.
- Pareil.
Toujours pareil...
3.
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Ok. Je suis une camée. Ça vous va? C'est surement la rumeur la plus crédible qui court autour de moi. Avec le fait que je bois, beaucoup, beaucoup trop. Je ne vous sortirai pas le discours le plus courant chez les consommateurs. Vous savez, celui qui se résume en quelques mots: Moi, j'arrête quand je veux, c'est juste pour m'amuser lors des soirées, je ne suis pas accro, j'ai juste le fric, alors pourquoi ne pas en profiter?
Et pourquoi en profiterais-tu? N'as tu pas besoin uniquement de tes potes pour t'amuser, pour rire, danser. Après tout le plus beau mot à ce jour qui croise celui de l'amour, l'amitié et le bonheur, ne serait-il pas souvenir? Et tu dois savoir comme moi petit drogué que, la tizz et la came t'enlève la plupart de tout ces souvenirs. Ton esprit ne se rappelle que peu de chose, oublie, mélange. Mais c'est tellement bon n'est-ce pas? Planer, encore et encore. Je suis pareille que toi. La seule différence mon petit, c'est que moi je sais que je ne fais pas tout ça pour m'amuser. Je ne fais cela pour aucune raison. C'est juste comme ça. Pourquoi, pourquoi pas? C'est ainsi.
Nous sommes samedi. Ce soir il y a une fête, comme toutes les semaines ici. J'habite dans un appartement du 16ème, à Passy oui. Pas de cliché s'il vous plait sur cet espèce de groupe de "rap" qui malgré tout, exprime ce qu'est totalement ce quartier. Des bourges de 40 ans, divorcés, poisson exotique dans l'aquarium et présents dans leurs appartements uniquement la nuit. Les vieilles qui déambulent dans les grandes avenues, passent leurs journées dans les magasins tels que Chanel, Louis Vuiton et Prada. Des putes, jamais chez elle, toujours dehors, trainant, riant plus fort qu'un klaxon de parisien enragé dans un embouteillage. Et des kéké de 26 ans, célibataire dans un 200 mètres carré, ne vivant que pour le boulot. Et il y a moi. Je ne me vante pas en disant être l'exception de ce quartier mais j'avoue que j'en suis une. Ahah. Il n'y a qu'a regarder. Je suis une bête de foire, un monstre, un alien. Je ne suis pas comme tout le monde. Je m'en veux parfois mais le jour où on me verra en talon aiguille et jupe, il pleuvra des billets de 500.
La fête. Comme d'habitude on m'y invite. Pourquoi? Ah et bien parce que je suis fouteuse d'ambiance. Je suis La fille qui sait ramener les personnes fournisseurs d'alcool et de substances illicites. Cool non? Mauvaise réputation. J'ai l'habitude. L'habitude que l'on me fixe comme si j'étais la droguée du 16ème. Comme si j'étais là seule, je ris jaune. Le cliché du 16ème: beauté, richesse, étude parfaite, boulot. Ceux qui établissent ce genre de cliché ne vont pas dans les fêtes d'Open. Sex, drugs, and alcool. Ça à l'air démodé et totalement blasant mais c'est ainsi, depuis bien longtemps. Open c'est la fille la plus populaire du 16ème, celle qui connait tout le monde. Je la connais aussi, bien sur. Qui ne la connait pas? Pourquoi Open? Allez comprendre. Si on devait la mettre dans une catégorie je dirais pute sans hésitation, même s'il lui arrive d'avoir une dose d'humanité dans l'½il parfois, parfois hein. Oui ici on classe. Moi je suis l'alien, les autres sont des humains, sauf Open qui est entre l'être humain et la chienne. Mais attention la chienne pure race, avec un caractère bien comme il faut et une tendance à lécher l'entre jambe des messieurs.
2 heures du matin. J'entre dans la boite. Open l'a réservé pour la soirée. Bondée. Ma bande et moi nous nous glissions parmi les gens pour arriver à la table qui nous était réservé. Il faut savoir que les alcools des mignonnes boites de Passy sont: smirnoff ice et malibu. Et sinon vous avez de l'alcool? Du vrais? Alors c'est simple, mes amis sortent chacun de leurs sacs une bouteille 1.5L remplit de rhum-orange, sky-coca. Voilà de l'alcool. La musique est sympa... De la petite techno mignonne quoi. Romain s'approche du DJ et lui demande s'il peut proposer quelque chose. A mon plus grand bonheur mes oreilles bourdonnent au premiers son de Digital War , d'Asphyxia . B o n h e u r _ t o t a l. Pas de petits sons merdiques qui font sauter à la va vite. Du gros son, du pur. Romain je t'aime bordel. Je m'élance sur la piste et je me met à danser avec lui et un autre pote Simon. Ces pauvres petits bourges nous regardent comme si on violait la loi. Puis je pris la main d'Open qui me regardait en souriant et me mit à danser avec elle. Elle savait que j'avais une réputation de lesbienne, le seul truc, c'est qu'elle aussi avait cette rumeur sur le dos. Bienvenue au club ma vieille. C'est là que l'on s'amuse. Et voila! On nous regarde tous comme des dépravés. On est dépravés, cassés de l'intérieur, complètement brulés, et on aime ça. Les bouteilles tournent et la tête des gens aussi. La mienne commencent tout juste à valser. Open me tire hors de la piste, je fais un rapide geste à Romain disant que je reviens.
- Qu'est-ce qu'il se passe?!
- Ils faut que j'te les présente.
- Pardon?
- Viens.
Elle me tire à nouveau et nous montons sur la mezzanine. C'est le carré V.I.P, où elle et ses plus proches amis viennent. Dos à moi se trouvaient plusieurs personnes. Mais je ne voyais rien. Rien du tout. Open se mit devant eux, je la rejoignis. Ah O K.
- Nan! Open! T'as pas ramener Tokio Cocktail à ta soirée quand même?
- Hotel, Tokio Hotel.
- C'était de l'humour.
- Tu ne les aimes pas?
Un des gars se leva. Je ne savais rien d'eux à vrai dire et je ne voulais pas réellement savoir. Il prit ma main , limite de force, et me la serra avant de se rassoir.
- En fait je connais pas vraiment. Mais je m'en fous. Tu m'as interrompu en pleine danse pour ça?
- Hum ça... Tu pourrais être plus gentille. Et leur parler anglais, qu'ils comprennent.
- Ah ils ne comprennent pas un mot de français? Cool. Ecoutez les gars je n'ai rien contre vous mais j'ai dû écouter une fois dans ma vie votre musique, vous avez l'air d'ado sans intérêt alors sur ce...
Et je suis descendu plus vite que l'éclair les escaliers pour rejoindre mon Romain. Tokio Hotel non mais je vous jure. Open a toujours des idées débiles. Il était là, il dansait avec une fille, plutôt belle d'ailleurs. Il a toujours le don pour en trouver une en 5 minutes chrono. Miracle! Les petits bourges ont rejoins la scène. Ça se déhanche, ça remuent . Idée, idée, idée. Je ne sais pas si j'ai été la seule à le remarquer mais les deux petits du milieu, sur le canapé, les Tokio machin là, ont l'air bien cassés par quelque chose. J'attendais qu'Open descende pour remonter. Je m'assoie à côté d'eux, réfléchissant à comment tourner ma phrase en anglais.
- Salut les gars, ça vous dis un trip?
- Quel genre?
Cette voix bordel. Celui à la casquette venait de parler. Il avait un look totalement hors du commun par rapport aux trois autres. Hors du commun. A nous voir, lui et moi sommes vraiment les aliens de la soirée. Pour une fois que je ne suis pas la seule.
- Du genre cool.
- Files.
Je lui donnais un cachet, en proposa aux trois autres, mais ils n'en voulurent pas. Ok, tant pis, ça en fera plus pour les autres.
- C'est quoi vos prénoms sinon?
- Tu ne nous connais pas du tout alors?
Le brun qui ressemblait beaucoup à celui à la casquette me regarda d'un air surpris.
- Je crois avoir entendu que vous deux étiez jumeaux.
- Exact.
Je ne suis pas méchante mais si ce dreadeux n'arrête pas tout de suite de parler je vais me fâcher.
- Je suis Bill et voici mon frère Tom, nos deux amis Gustav et Georg.
- Ça c'est du prénom allemand!
Ils me regardèrent. Je ne saurais lire ce que leurs yeux me disaient. Surpris, amusé, un peu énervé peut-être.
- Pardon.
- Ce n'est pas grave. Bon on va danser?
- T'as envie de danser Tom?
- Ouais; ça me donne la pêche cette musique.
- C'est plutôt le cachet qui te donne la pêche.
Gustav avait lancé ça d'un ton horriblement mauvais. Plein de ranc½urs.
- Va te faire foutre.
Tom me prit la main et on descendit sur la piste. X-Fusion. Romain me gâte ce soir! La soirée passa très vite. Romain était défoncé, sortit 3 fois des toilettes des filles, avec 3 filles différentes à chaque fois. Les petits bourges snifaient discrètement leurs rails sur les banquettes de la boite. Tom et moi avons danser pratiquement tout le temps ensemble. Du peu que j'avais entendu parler d'eux, on m'avait dit qu'ils étaient sans arrêt poursuivi par des gamines en chaleur totalement accro au groupe. Ça devait être faux, personne ne les reconnait, ou alors ne va les voir. Cet espèce de rasta aux allures de rapeur m'avait l'air sympathique, mais perdu totalement perdu. Comme s'il n'avait ni âme, ni c½ur. Pas de méchanceté, seulement du vide. Ses sourires, ses regards, tout exprimait le vide. Je n'aimais pas ça! Arriver à
comprendre quelqu'un rien qu'en le regardant. Je me hais quand je fais ça, je me hais parce que je n'aimerai pas que l'on me zieute, que l'on me scanne, jusqu'à tout savoir de ma propre personne.
6 heures du matin; je sors de la boite, me tenant comme je peux contre le mur. Simon essaye de tenir Romain mais celui-ci hurle qu'il a encore envie de danser. Danser avec quoi mon pauvre? Tu ne tiens même plus sur tes pieds, tu vacilles. Je me sens tombé. Mon c½ur bat trop vite et ma respiration est saccadée. Quelqu'un me rattrapa, je ne vis pas qui. Mes yeux s'ouvrit de temps à autre et j'apercevais de longs cheveux blonds cendrés. Il murmurait des mots que je ne comprenais pas. Je gemis. Il me posa contre un mur.
- Ça va aller ?
Oh pitié pas d'anglais. Je ne suis pas en état de parler une autre langue.
- Pro.. prochaine à g..gauche...
- Quoi?
- Prochaine... à gauche.
Je me forçais pour qu'il retrouve le chemin de chez moi. Une fois arrivé devant ma porte, grâce à mes indications en code, tels ceux de l'armée. Je lui donnais mon sac, qu'il trouve mes clefs. Info du jour: ne jamais laisser son sac à un homme. 1) il ne sait pas chercher. 2) il va tomber sur des tampons et notre carte d'identité datant du CM2. Un clique, on est entré. Je me tiens à lui comme si j'étais au bord d'une falaise prête à tomber. Je vais tomber. Je te jure... David je vais tomber. Et vu que tu es en haut, tu n'as aucune chance de me rattraper. Je veux... pas tomber. Je ne veux pas. Ça me fait peur les gouffres. Merde! Pas le temps de me rendre compte que je fais déjà une crise de paranoïa. Je me débat, je demande à Tom de me lâcher, je hurle: fuck off dans tout le hall. Pour éviter de réveiller les gens, il me lâche et je vais pour ouvrir la porte extérieur mais il me prend les bras d'une main et me couvre la bouche de l'autre. Ok, j'ai plus que peur.
- Qu'est-ce qu'il se passe Angie? Je vais pas te faire de mal putain je vais te foutre dans ton pieu pour que je puisse rentrer à l'hôtel, je suis pas un violeur.
Il retira sa main. Je n'osais pas ouvrir la bouche.
- C'est... c'est pas de toi dont j'ai peur... C'est les... les escaliers. Je vais tomber...
- T'en fais pas. Tu habites au combien?
- Second.
- On est parti, accroches toi à moi.
Accroches toi.
4.
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Qu'aviez-vous cru ? Que nous étions quatre adolescents, innocents, sans défense? Des p'tits jeunes qui se la pètent avec leur salaire mensuel que jamais personne ne touchera en un an. Non. On se l'est pété. Plus d'une fois. Mais pas pour nous. Pour eux. Ces enculés. Le diable en un mot: production. Quoi vous pensez que nous n'avons pas à nous plaindre? Et bien si, on se plaint, en bonne petite starlette. La pression. Le truc le plus ingérable au monde. Nous n'avons rien de gars innocents. Vous croyez que parce que Georg et Gustav sont mi en arrière se sont les anges du groupe. Je ris. Détrompez-vous. Ne vous fiez pas à la tête toute mignonne de Gustav et le sourire sympatique de Georg. Des salauds, tout comme moi il faut dire. Georg se tape tellement de fille en une soirée qu'il doit dépenser plus en capote qu'en nourriture. Gustav profite de son statut de star pour mettre tout le monde à ses bottes. "Et fais ceci, et fais cela". Et Bill? Ah Bill je rigole encore lorsque je vois à la télévision ou sur les journaux que Monsieur croit en l'amour et ne baise que lorsqu'il est amoureux. Mytho. Ce très cher Bill que vous voyez comme un petit ange qui écrit de belle parole pour se faire bonne conscience n'est qu'un grand infidèle qui a déjà baiser bon nombre de petite groupie. Je prendrais ça pour du profit de jeune fille en pleine crise d'ado, mais dans le genre; je suis pire. Pire qu'eux. Bien pire. Si vous pensiez que nous avons un moral d'acier pour tout supporter. Concert, interview, rumeur, photos... Arrêtez de penser ça. Nous ne supportons rien. J'ai dû tomber dans la drogue l'année dernière. Je vous assure qu'à partir de là, je pouvais enchainer trois concerts à la suite. Je ne sentais plus aucune douleur et ma vision des choses était toute autre. Qu'est-ce que j'ai pu m'en faire des salopes grâce à cette merde. L'extasy, le LSD, la coke, le oinj, l'héro. Je crois que j'ai fais le tour de ce à quoi je carbure durant les tournées. Ca vous en bouche un coin hein? Le petit dreadeu Tom Kaulitz ne se nourrit pas que de baise et de guitare, malheureusement. Je suis un méchant garçon. Je suis de ceux qui vous bousille votre vie en quelques minutes; vous ne comprenez pas? Je vous explique. Je suis le monstre de la bande. Si vous pensiez que j'étais simplement un joueur, un don juan, un tombeur, un émant à nana, oubliez. Je suis bien pire. J'attrape et je détruis. Je détruis tout, physiquement et mentalement. Surtout mentalement, ça reste, ça s'incruste et ça m'fait jouir. Ouais. J'adore voir une fille en train de chialer sur le bord du lit, une capote usagé au coin de la chambre et moi qui souris, qui souris encore et encore, à n'en plus finir. Ca ne finit jamais. A croire que je suis un sadique, j'aime voir les gens souffrir. Je me console ainsi, en me disant que ma vie n'est pas si terne que je le croyais. Elle l'est. N'est-ce pas? Oui elle l'est. Ma vie se résume à Bill, Tokio hote, rumeurs, drogue. Cool non? La plupart des gens pensent que nous adorons jouer sur scène, que nous ne vivons que pour ça. Faux. La production vit pour ça. Nous la faisons vivre. Leur jouissance à eux c'est le fric apporter une fois le concert finis. Le notre.. On en a pas. On se contente de continuer. On pourrait tout arrêter. Avec le compte en banque que l'on a, on vivrait pépère toute notre vie. Alors pourquoi? Parce que sans ça Gustav ne mènerait plus personne à la baguette (quel jeu de mot) , Georg ne se taperait plus autant de fille, Bill ne jouerait plus le petit mec sympa qui se fou de la gueule de tout le monde et moi... Moi je n'aurai plus aucune raison de me défoncer. J'avais penser à arrêter. J'avais essayé un concert sans dope. Un seul mot: impossible. Je tremblais à en louper dix accords par chanson. J'ai dû interrompre le concert pour aller snifer quelque rails vite fait bien fait. La pression. Un truc qui vous bousille tout, vos amis, votre famille, votre vie entière. Belle gueule devant les photographes, sourire, toujours sourire. Et craquer. J'ai craqué. Il y a trois mois j'ai craqué, en plein concert. J'ai totalement pété un cable. Les rumeurs, c'est la chose qui m'insupporte le plus. Alors j'ai craqué et j'ai commis l'irréparable. Le geste. L'unique geste qui a fait qu'aujourd'hui des centaines, que dis-je, milliers de fans nous on totalement abandonnés. Je m'en fou quelque part. Ma gloire ne m'importe plus. Après tout je n'y peux rien si la plupart des fans (puis-je dire groupie?) de notre groupe n'aime Bill Kaulitz que pour sa belle gueule et sa sensibilité faussée? Je n'y suis pour rien quelque part. J'ai juste... aggravé la situation. Aggravé. C'est pas grand chose? On a pas tout perdu. Bill a dû perdre sa dignité tout de même. Et moi? Moi rien. Moi j'm'en fou de moi. Moi c'est rien, je ne suis rien. Qu'un monstre. Le monstre inimaginable. Celui qui cache bien son jeu derrière des faussettes, des clins d'oeils, des regards "mimi". Je suis Tom Kaulitz, et j'ai commis un crime. Ce que l'on peut appelé crime dans la société people. Le geste de trop. Le dérapage. Les mots qu'ils ne fallait pas dire. Dit c'est dit. Tant pis. Je suis égoïste en disant ça mais je le pense. Tant pis. Pour nous, les tournées, les fans, tant pis oui.
Je suis Tom Kaulitz, raté, camé, foutu, mort.
Et lors d'un concert, j'ai mis fin aux rumeurs sur mon frère. Rumeurs confirmées.
Dommage pour vous n'est-ce pas? Dommage pour vous la production.
5.
__________
Aujourd'hui, je me lève péniblement de mon lit. Il doit approcher les 2h de l'après midi. Je n'ai pas fais la fête hier soir, seulement j'ai un rythme de vie fixée les week end. Je n'arrive plus à m'en défaire. Couchée 4h du matin; levée dans l'après midi. Comme d'habitude je ressasse ma journée. Samedi. 2h30: arrivée de Lena à Orly. Hum... il est 2h Angie, et si tu te dépêchais? Non? Je cours dans la salle de bain. Je ne me presse jamais pour personne sauf pour Lena. Lena c'est la soeur que je n'ai pas, le sang qui me manque, le battement de coeur en plus. Non ce n'est pas exagéré. Lena c'est une part de moi. Douche, sèchage de cheveux à la vavite. Sarouel, t-shirt simple, keffieh, vans, sac. Partie.
Et merde. Ma mère. Je la croise dans l'escalier. Elle gueule après le chauffeur de taxi qui ne monte pas assez vite ses valises. Vous allez vite comprendre que a ma mère profite tellement du fait qu'elle se paye des chaussures Gucci à 450 euros qu'elle ne se rend même pas compte à qu'elle point elle est ignoble. Et si un jour elle s'en rendait compte, elle en aurait rien à foutre.
Ma mère. Un fantôme entre autre. Présente trois fois dans l'année. Pour l'anniversaire de mon grand père, pour le sien et pour noël. Et non, pas pour le mien. Pas que ça à faire. Sa maison? Los angeles, New York, Londres et Berlin. Paris ne compte pas. C'est chez personne Paris. Je ne pourrai même pas dire chez moi car j'avoue n'y être que pour dormir, et encore. Mon père? Inexistant. Ca doit bien faire un an que je ne l'ai pas vu. Ces deux là me font rire, ils ne se voient jamais, mais ne divorcent pas. Ont fait une gamine on ne sait pas vraiment pourquoi. J'existe pour eux uniquement lors de leurs coups de fil pour me demander si je n'ai pas encore bruler l'appartement ou si je ne suis toujours pas enceinte avec toutes les conneries que je fais. Non maman, non papa.
- Angie chérie!
Elle me sauta dans les bras. C'est toujours le même refrain. Elle me couvre de baiser, me caline. Ca doit être une méthode qu'elle a lu dans "Femme actuelle": comment ne pas perdre sa fille lorsqu'on habite à l'autre bout du monde?
- Comment vas-tu ma puce?
- Bien bien. Je dois aller chercher Lena à l'aéroport, j'allais appelé un taxi mais vu que tu as le tien, je vais le prendre.
- Tu ne veux pas prendre un thé avant?
- Non merci, je dois y aller. Salut.
Ma froideur vous étonne? Si vous saviez à quel point je m'en fou. Pour moi cette femme n'est ni ma mère, ni mon amie. Elle ne représente que la pute qui m'a enfanté avec l'abruti qui me sert de père. Il est 2h20, je vais être en retard. J'envoie un message à Lena pour la prévenir. Je ne fais jamais ça pour quelqu'un d'autre, je me répète mais cette fille est l'exception à ma vie.
Orly. Je descend du taxi et me met à courir le plus vite possible pour arriver devant la porte d'où elle doit sortir . L'avion a un peu de retard. Je suis chanceuse Ca y est, je revis. Elle est là ma belle Lena. La plus belle. Elle me saute dans les bras. On doit bien rester ainsi 5 minutes. Toi quand tu m'sers très fort, c'est comme un trésor, et ça, ça vaut de l'or. Un an que nous ne nous étions pas vu. Elle était partie au Mexique pour parfaire son espagnol. Ses parents l'ont envoyé là bas suite à plusieurs conneries qu'elle a commise. Je l'envie quelque part. Mes parents, que je fasse des conneries, que j'enfante un goss ou même que je me retrouve au poste pour détention de stupéfiant, ils n'en ont rien à battre. Ses parents au moins, même si la punition était sévère, se sont occupés d'elle. Elle était rayonnante, plus bronzé que moi, bien entendu. Nous nous sommes mise à parler, chacune notre tour, écoutant ce que l'autre avait à dire. Et blablablah! On ne s'arrêtait pas. On s'assit à la terrasse d'un bar. Café pour elle, jus de pomme pour moi . Info sur moi : je ne prends jamais ce que toutes les filles de Passy prendraient . Ce n'est pas vraiment un principe , je préfère le jus de pomme de toute manière. Lena et moi on a vécut dans Passy depuis toutes petites. On subit le regard des autres depuis toujours. C'est la seconde exception du quartier. Avec ses allures de punk, fringuée toujours de noir, elle non plus ne passe pas inaperçue. Mais elle s'en fou, comme moi.
Nous marchions sur les champs elysées. Personnellement je n'ai jamais sur pourquoi on ne dit pas "dans" les champs elysées, peut être pour éviter de passer pour des campagnards... Faire les magasins. Pour vous c'est surement: dépenser de l'argent dans une robe Chanel à 130 euros. Pour nous c'est chopé une jupe Black espèce à 450 euros (le genre de jupe sublime que toutes les mini rockeuses rêvent d'avoir). La technique? C'est un peu comme Cassie qui détourne l'attention pour faire croire qu'elle mange. Tu parles, tu parles encore, avec les gens ou la vendeuse, et l'autre pendant ce temps-là? Elle pique. Le premier truc sublime qui lui passe sous la main, elle le pique. Hop! Partie! Dans beaucoup de magasin, il n'y a pas d'anti-vol, la plupart des clients sont de vieilles mégères qui ont du fric, pas besoin d'anti-vol. Ca passe direct. Ni vu ni connu. Bien sur, pour certain, on est grillé. Mais jamais envoyé au poste de police. Je sais joué du fait que mon père tient la plupart des magasins sur les grandes avenues de Paris. Que croyez-vous? Je suis une fille de riche, de millionnaire. Je ne dirais pas milliardaire mais mon père doit approcher un compte en banque d'une douzaine de million. Je ne me vente pas, c'est ainsi, je n'y peux rien. Enviez-moi, il n'y a pas tellement à envier à vrai dire. Tout le monde me sors: Que ça doit être plaisant d'avoir une carte bleue que l'on peut sortir quand on veut, des fringues à gogo et des parents absents. Oui, si vous voulez.
Voilà, c'est notre "kiff" à nous. Rien qu'à nous. Piquer alors qu'on a largement l'argent pour se payer la boutique entière. Aujourd'hui inventaire: 3 t-shirts , 2 pantalons et une jupe magnifique.
Je vais sécher les cours, au moins une semaine. J'ai du temps à rattraper avec Len' . De toute manière ma mère repart demain. Comme d'habitude je l'aurai vu une minute en je ne sais combien de mois d'absence. L'habitude.
Mardi. Quatre jours que Len' dort chez moi. Ma mère est repartie le soir même. Pas le temps de lui parler, tant mieux. Pour parler d'étude ou de mes amours dépravés, pas l'envie, pas la force. Nous préparons une fête. Mon appartement n'a jamais été saccagé, je ne sais pas pourquoi. Pourtant avec toutes les fêtes qu'ils voit depuis un an... Je pense que c'est parce que les gens que j'invite savent bien que s'il y a le moindre objet pété mon père serait capable de détruire ceux des autres d'un simple coup de fil. Je suis puissance, arogance et d'une méchanceté bien cachée. Je sais. J'assume. Ou pas.
23h: les gens arrivent . Romain, Lena, Sarah et Kiyu arrivent en premiers. Mes seuls vrai amis. Kiyu c'est ma japonaise, la seule, l'unique. Celle qui a le don de rire et de communiqué son délire à tout le monde. La sociable. Mais une vraie hein! Puis les autres sont arrivés. Ceux que je hais, mais qui viennent tout de même parce que le prozac c'est bon, le LSD aussi et que j'ai besoin d'oublier. Oublier que je ne peux pas oublier.
3h00: Je suis totalement défoncer. Je sais même plus ce que j'ai pris. Ma Len' est dans le même état et j'aime pas ça. Moi j'm'en fou, de me détruire la santé à coup de truc immonde; plus immonde les uns que les autres. Mais elle, non, j'veux pas. Je suis une égoïste, mais non, je ne veux pas. Sarah à la gueule dans la cuvette, comme d'habitude, Kiyu avec sa gueule d'ange c'est déjà mis dans la poche mon Romain, fais attention, c'est pas un ange lui... Pas vraiment disons. Mon portable vibre.
- Allo?
- Angie?
- Ouais...
- C'est Tom...
- Comment t'as eu mon numéro?
- Open me l'a passé.
Discrètement je regarde Open d'un regard plus que noir, mais elle ne me voit pas pensez-vous bien, elle est à moitié en train de baiser sur mon sublime sofa en cuir avec un mec dont elle ignore surement le prénom. D'ailleurs, je ne le connais pas non plus. Rien à foutre.
- Oui et alors?
- J'suis devant chez toi.
Mon coeur fit un drôle de truc à cet instant, je connais un peu ça, mais j'ignore. J'ouvre ma fenêtre et je le vois. Toujours fringué comme un gangster des States. En compagnie de son frère Bill. Je l'aime pas celui-ci, il prend les gens de haut, il fait batard. C'est surement vrai.
- Entre...
Il disparu dans le hall. J'aime pas cette saloprie d'organe qui sert à rien. Me refait jamais ça put*n de coeur.
5h00: La plupart des gens sont raides morts par terre ou sur les fauteuils. Kiyu skouatte ma chambre avec Romain. Lena pleure dans son coin. Je préfère la laisser, je sais qu'elle peut être méchante ou chiante quand elle est comme ça. Je suis assise sur la fenêtre de la cuisine. Cette immense cuisine ou je ne vais jamais. Je ne mange jamais chez moi, pourtant le frigo est plein. Je crois que c'est mon grand père qui le remplit, pour faire genre. Il vient parfois à la maison, me prépare à manger et je ne mange pa, ou peu, pour faire genre, toujours. Toujours faire genre. Je fume une clope, la tête me tourne. Je tremble. Je n'ai pas peur de tomber, ça me ferait même rire de tomber. M'exploser la gueule du deuxième étage, finir ma vie brancher de partout dans un hôpital qui pue la mort. Tom est à côté de moi, il fume aussi.
- Tombes pas hein!
- Et pourquoi pas ?
- Et pourquoi ?
- Réponds avant.
- Parce que, tu te rends pas compte que les gars de l'entretien à la police on les paye tout juste assez pour qu'il nettoie le sang que tu vas laisser.
- Ca devrait me faire quelque chose?
- Non; c'était juste pour parler.
- J'avais bien compris. Pourquoi t'es venus?
- On se baladait avec Bill et on est passé devant chez toi, il y avait de la musique alors voilà.
- Oui bien sur.
- Tu ne me crois pas?
- Je ne crois pas grand monde. Surtout ceux qui tiennent ce genre de discours peu crédible.
- Tu ne vas pas dormir?
- J'suis pas fatiguée.
- J'ai une question... Tu as un appartement magnifique, des parents surement très riches, alors pourquoi ce look de clodo?
- Parce que. J'aime sortir du lot, j'aime ce look de clodo, comme tu dis.
- Sortir du lot de tout tes amis présents aujourd'hui?
- Mes amis?! Laisses-moi rire! La plupart je ne les connais pas. Les seuls que j'aime ici sont Lena, Romain, Sarah & Kiyu .
- La p'tite aziat là?
- Ouais.
- Mon frère la trouve mignonne.
- Il a raison.
- Je vais peut être y aller. Tu sais où est Bill?
- Aucune idée.
- Tu sais quoi?
- Ca fait beaucoup de question.
- J'ai envie de t'embrasser depuis tout à l'heure.
- Pas moi...
Jamais moi, jamais.
6.
__________
- Tu comptes faire quoi ?
Cette question résonnait contre les murs du couloir. Cet hôtel puait le luxe et j'adorais ça. Puer le luxe, sentir le fric à des kilomètres. C'est plaisant. On était assis tout les deux par terre, dos au mur. Tom avait replier ses jambes contre son torse et poser son front dessus. Je ne savais pas quoi faire non plus à vrai dire. Je lui posais une question dont j'étais incapable de trouver la réponse. Hum... le sens réel d'une question n'est-il pas d'avoir une réponse à sa question? Alors s'il répond, autre chose qu'un "je ne sais pas", il répondra peut être à ma place.
- Tom ?
Il ne répondait pas. Il était fatigué. Blasé. Complètement à bout. Je le savais, je le sais toujours d'ailleurs. Je partage ses émotions. Il faut avouer que c'est parfois flippant lorsque l'un de nous deux est malade, l'autre ne se sens pas bien. Je mis ma tête sur son épaule. Il la secoua pour que ma tête rebondisse. Je m'écarta.
- Réponds moi, merde !
Pas de réponse. J'aime bien quand je parle tout seul, c'est vrai, c'est très enrichissant. Mon ironie est des plus débiles bordel. Je le regarde. Je crois qu'il pleure. J'ai plus envie de me faire jeter alors je le laisse pleurer. Je suis pas un frère indigne, j'en ai seulement marre d'être rejeter par celui que j'aime plus que tout voyez-vous. Et de toute manière que je le prenne dans mes bras ou pas, rien ne changera. Plus rien ne peut changer tout ça. On est foutu on le sait. Les presses à scandale ne parlent que de nous. On est dans la merde, la production est dans la merde, notre nouvel album est dans la merde et ne verra surement jamais le jour. C'est pas tout à fait comme ça que je voyais la vie de star. On était trop jeune surement. Voilà. Parc des Princes finit, plus de concert, plus de séance de dédicace, plus de chanson, plus rien. RIEN. S'en est finit de Tokio Hotel. Des jumeaux Kaulitz et des double G. Voilà. 3 ans de célébrité non stop. 3 ans de concert, de chanson, de guitare. Réduis en miette par l'énergumène qui me sert de frère. Merci Tom, merci beaucoup. Je voulais continuer moi, je le voulais! Pas pour la musique, pour les étoiles qu'on fout dans les yeux de ses gamines. Mais pour avoir la belle vie tout le reste de la notre. Enfin, si on peut appeler ça une vie. Tom a raison, on nous a exploité, manipulé, vendu. Nous ne sommes que des produits de consommation, des enfants de la musique, des enfants corrompus par l'odeur de l'argent et de la célébrité. Aujourd'hui à 18 ans, je n'ai plus aucun avenir. Je pourrais bien tenter de faire un métier, comme tout le monde, mais avec ma réputation pensez-vous bien. Alors je vais rester chez moi, dépenser mon fric jusqu'à ma mort, oublier la femme et les enfants et pleurer de solitude. Cool.
Tom se leva .
- Où tu vas ?
- J'ai besoin d'un rail. Fous moi la paix.
- Tu peux pas arrêter cette merde ? T'as plus aucune raison de continuer, on ferra plus de concert, t'as plus besoin de te surpasser Tom.
Il revint en arrière, s'accroupit devant moi et me fixa droit dans les yeux.
- Le seul problème mon cher Bill c'est que je ne peux pas arrêter, c'est plus une question de volonté mais plutôt du manque qui me tiraille le nez, tu comprends ? Depuis un an je carbure à toutes ces merdes, tu croyais vraiment que j'étais clean ? Que le manque physique n'avait pas prit la place du plaisir de se défoncer ? Mon pauvre frère t'es bien naïf. Je suis foutu tu entends ? Foutu. Foutu parce que jamais je n'irai en centre de désintoxication, vous aurez bien trop de problème avec la presse après. Et je tiens tout de même à vous, ça ne se voit pas, mais je te l'assure. Et je ne peux pas m'arrêter tout seul, j'ai les moyens de m'en payer, j'ai aucune raison de m'arrêter vraiment. Ca m'fait du bien Bill, j'me sens moins con, moins salop, moins méchant. J'ai l'impression de redevenir le goss que j'étais quand on a commencé avec Durch den monsun. C'était le bon temps, le temps où on se prenait pas la tête, on pensait pas à plaire. On faisait ça pour nous, uniquement pour nous et ça nous suffisait. On avait pas besoin des paillettes, des hôtels de luxe et des comptes en banque pleins à craquer. On avait notre musique, c'était tout ce qui comptait, la musique. Et aujourd'hui regarde nous Bill ? Tu te tapes des groupies en chaleur parce que t'es pas capable d'aimer qui que se soit à part toi-même, et peut être moi, mais j'préfère me dire que non. Georg est devenu un accro du sex et de l'alcool. Gustav est un véritable enculé, il fout tout le monde à ses pieds. Et moi ? Moi... J'me défonce. Tu sais Bill, t'es mon frère et depuis un an on ressent plus trop, tu sais... Les trucs de jumeaux quoi. Donc t'en fais pas, le jour où j'serai plus là, tu mourras pas avec moi. Tu le sentiras pas.
Il se redressa et partit dans sa chambre.
Je n'aime personne à part moi. Putain de merde. J'ai tout perdu. La confiance de nos parents, mes amis, mon frère. Non, pas Tom, jamais Tom. Comptez pas sur moi Jamais. Même si j'dois renoncer à beaucoup, jamais Tom.
Je me relevai, courut jusque devant sa porte. De la musique retentissait. J'hésitai à rentrer, à lui dire toutes ces belles choses que j'avais en tête. Toutes ces choses que je ne lui disais plus depuis un an. J'entrai.
Il était là, coucher sur son lit. Je m'assi à côté de lui. Il lui restait de la poudre sur le coin du nez que j'essuyais avec mon doigt.
- Bill va-t-en, j'ai pas envie de te parler là.
- Moi j'ai besoin de te parler.
- Fais vite alors parce que j'comptais descendre dans le salon trouver une fille pour ce soir.
- Non, en fait... c'est pas si important.
- Ok !
Tom se releva. Il pétait la forme on aurait dit. C'est toujours comme ça. Il a un retour de la drogue alors il parle trop vite, on comprend plus rien et il saute dans tout les sens, fais n'importe quoi.
Je sortis de la chambre et entra dans la mienne. Je ne voyais rien, tout était noir. Je m'assis sur le fauteuil juste à ma gauche et mis ma tête entre mes mains. La lumière s'alluma. Je releva la tête, et vit que quelqu'un d'autre était dans la pièce, assis sur le lit. Une femme, la trentaine, assez jolie.
- Comment êtes-vous entrer ici ?
- Veuillez me parler anglais monsieur Kaulitz, de toute façon je n'en ai pas pour longtemps. Je suis Catherine, pas besoin de savoir mon nom de famille, il est trop long et imprononçable, et vous n'en aurez aucune utilité.
- Et vous voulez quoi ?
- La vérité monsieur Kaulitz.
- Quelle vérité ?
- Toute la vérité, sur Tokio Hotel.
- J'ai peur de ne pas comprendre.
- Oh ! Vous voulez que je vous aide un peu ?
Elle se leva et s'assit sur le rebord du fauteuil, sortit un dossier de sa sacoche et l'ouvrit sous mes yeux.
M E R D E. Une énorme merde ! Je pensais pas qu'on était tant dans la merde que ça.
Des photos, des dizaines et des dizaines de photos. Tom dans les toilettes d'une boite en train de marchander de la drogue, Georg baisant des salopes dans une chambre d'hôtel. Moi... draguant plusieurs nana dans la même soirée. M E R D E. Et surtout cette photo ! Je redirai bien merde mais je n'en ai pas la force . Cette photo du concert , le concert où... Tom a fait la plus grosse connerie qu'une star pouvait faire. Je l'aurai bien déchirer, mais je me doute qu'elle en a des doubles.
Tu comptes faire quoi Bill maintenant?
7.
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Je te hais. C'est assez simple pour toi? Je te déteste, te méprise. Peut-être plus que moi encore. T'en as toujours fais qu'à ta tête, tu n'as toujours écouté que toi. Tu n'étais pas égoïste, car tu aimais ça, aider. Mais on avait pas le droit de te dicter ta conduite. C'était à ta manière, point. Tu avais... Ce sourire, toujours présent sur ton adorable visage. Je ne t'ai jamais vu ou entendu pleurer, jamais. Peut être le faisais-tu lorsque tu étais sur d'être seul. Tu avais une sacrée fierté. Tu ne te montrais jamais faible, même avec... Ça... 5 mois . En 5 mois j'ai appris à dire un " Je t'aime " sincère . En 5 mois j'ai compris que les hommes n'étaient pas tous des ordures qui abandonner les filles égarées sur le rebord de l'autoroute. Non pas tous. Toi tu les ramasses, tu les aimes de tout ton être. Ta sonnerie de téléphone, cette chanson est devenue une hantise pour moi. Je n'arrive plus à l'écouter; lorsqu'elle passe à la télévision je zappe, à la radio j'éteins et dans les magasins je sors en courant. Je ne peux pas, c'est plus fort que moi. Le vide immense que tu as laissé après ton départ ne cesse d'augmenter. T'es pas fière de moi hein? Je le sais. T'aimes pas ce que je fais? Je suis une méchante fille. Je suis une conne et je fais tourner tout le monde dans mon sens, j'entraine Lena dans mes conneries. Tu sais que je ne veux pas ça. Mais elle est influençable et je suis pas sa mère, je ne peux pas lui interdire tout? Si? Tu me fais chier, t'as toujours raison. Que j'arrête mes conneries? Rêves. Jamais. Je me défoncerai la gueule jusqu'à en crever. Tu me saoules avec ta morale à 3 francs 50. Je te hais je t'ai dis. Tu n'as plus d'ordre à me donner. T'avais qu'à pas monter dans cette voiture, t'avais qu'à pas me laisser. Me laisser toute seule. Je t'en veux, tu n'imagines même pas à quel point je t'en veux. Tu crois quoi? Tu me laisses toute seule, sans personne, t'étais le seul bordel de merde, le seul, et maintenant tu me demandes d'être sage, de respecter les autres, de vivre normalement? Je t'emmerde t'entends? J'en ai rien à foutre de ce que tu peux penser de moi, ça me passe à travers. Fallait pas partir, fallait rester avec moi. Fallait rester! Je te hais David, je... te hais. Je t'aime.
Angie est toute seule, Angie c'est une fortiche hein! Bah voyons.
On est je ne sais quel jour. Je suis secouée, ou plutôt, on me secoue. Je grogne, me remet sous la couette.
- Ang' !
Il n'y a qu'une pour m'appeler " Ang' " et pas Angie c'est bien elle. J'ouvre un ½il, puis deux. C'est vraiment la femme de ma vie celle la. Non, malgré les rumeurs, je ne suis pas lesbienne; ou peut-être uniquement défoncée, pour m'amuser. Mais Lena... C'est Lena. Aucune comparaison. Merveilleuse, magnifique, MA mienne. Personne ne pourra me la piquer. Je suis même jalouse de ses copains. Même si elle n'en a pas eu de fixe depuis un moment, je suis jalouse. Je suis une jalouse et méchante cachée. Je me cache toujours face à ses sentiments de faiblesse. Je n'aime pas que les gens voient que je suis jalouse de quelqu'un. Personne n'a jamais su, que j'étais jalouse de la fille la plus merveilleuse du monde. Jalouse de tout le monde qui l'entoure. Envahie par un sentiment d'abandon, je ne lui en veux jamais. Ce n'est pas de sa faute, c'est celle des autres. Ils n'ont qu'à pas être autour d'elle. Faites lui du mal et vous verrez. Votre souffrance sera telle que vous préfèreriez mourir plutôt que de continuer à vivre avec moi sur votre dos. Je suis une peste. Et je profite de tout ce que j'ai pour vous rendre la vie impossible. Voyez donc, mes parents. Je dis être une petite fille abandonnée par ses géniteurs car ils travaillent bien trop. Oui certes, mais s'ils ont choisis de travailler si dur c'est parce que je suis une peste, une pute, une saloperie de gosse de riche. Je les ai surement rendu fous pour qu'ils se barrent à l'autre bout du monde. Pauvre de moi. Pauvre petite fille riche sans véritable amis. Je ne parle pas de ceux que j'aime, mais de ceux qui m'aiment, et que je n'aime pas. Je suis une peste, avouez-le bordel de merde!
- Mmmh tu veux quoi Len' ?
- Que tu te lèves !
- Mais pourquoi ? Il est quelle heure ?
- 13h. Lèves-toi ! On va trainer, Tom nous propose d'aller dans un club sympa. Il nous ferra rentrer gratuitement et en quartier VIP !
- Rien d'étonnant , on peut rentrer gratuitement et en VIP quand on veut, sauf...
- Au Ïne Line .
- Le... NON ! Len' il va nous faire rentrer au Ïne Line ? Tu me fais marcher ? Là où l'on rêve d'entrer...
- Depuis qu'on est gamine, si ma belle.
Je me levai en vitesse, fonça à la salle de bain. Je devais faire un effort pour être sure de rentrer. Je me suis un peu coiffée, maquillée légèrement, slim, t shirt noir taché de peinture rouge, verte et orange, vans. Ma Lena s'était fringuée de sa jupe volée noire à dentelle lui arrivant au dessus des genoux, ses doc et d'un débardeur noir très classe, un peu décolté. Magnifiques. Ouais pour une fois je me trouvais bien. A marquer d'une pierre blanche.
Le Ïne Line. Le plus gros club du 16ème. LA boite, L'endroit. Seul les plus de dix-huit ans peuvent y entrer. Pour la simple est bonne raison que c'est un endroit des plus dangereux. L'anarchie sex drugs & rock'n'roll. Ce club ne s'appelle pas Ïne Line pour rien. Si vous faites preuve d'un peu de bon sens, vous ferrez le rapport entre Ïne et drogue. Non? Ïne; cocaïne, héroïne. L'endroit je vous dis. Ça fait des années que Len' et moi on rêve d'entrer la dedans.
Lorsque je fais machine arrière, je me revois encore à 11/12 ans fumé un joint tout les week end. Faut pas commencer les gens, c'est pas bien, la drogue, c'est mal, c'est immoral. Ça te détruis entièrement, ça fait de toi un cadavre, une loque, quelqu'un de mort intérieurement. Vivant extérieurement, on ne sait même pas comment. J'ai dû entamer le LSD et l'exta vers l'âge de 14 ans. Puis la coke. Bien sur Lena m'a suivit . Ça nous a couté des montagnes de dispute. Mais je ne peux pas lui en vouloir, je m'en veux à moi. D'avoir prit sa main et de l'avoir entrainé dans le gouffre avec moi. Je suis une pute, une salop , un pur produit de consommation, une icône. Une simple illusion.
On retrouve Tom au coin de la rue. Il a l'air complètement à l'ouest, perdu, ailleurs. Je le regarde. Il me regarde. Il a les pupilles aussi dilaté qu'une tête d'épingle. Ça risque d'être chaud cette soirée. Lena est plus qu'excitée. Je tente de garder mon calme, même si je suis plus qu'impatiente d'entrer au Ïne. Tom a l'air plus que mal. On dirait qu'il est dans les vapes. Il a du mal à ouvrir et fermer les paupières.
On fait la queue. La musique retentit sur les trottoirs chargées de putes ambulantes. Dans leur mini-jupe et leur veste en cuir. Mes belles croyez moi, je le suis bien plus que vous dans mon slim. Je suis ni fleur bleue, ni romantique. Vous croyez que je suis méchante. Perdu, je suis bien pire. On arrive à l'entrée. Tom évite de trop montrer ses yeux. Lena reste calme et posée et moi je fais de grand sourires hypocrites aux videurs. On entre. Waow . Un grand WAOW même. C'est tel un immense garage. Des néons verts, bleu et orange fluo se baladent partout sur les murs et le plafond. Des danseuses dans des cages, des barmans qui jongle avec des box à cocktail des rastaman qui vende leur dope. Cet endroit est un paradis. Mon paradis. On a toujours du mal à trouver de la qualité dans le 16ème je ne sais pas pourquoi. On est donc obligé d'aller dans les quartiers un peu plus pauvre et personnellement avec mon look ça passe mal. Donc je me contentais de cachetons. Merci Tom hein. Je vais pouvoir reprendre ce que j'avais laissé de côté au collège. Du hardcore, teck et gros Rap US en fond sonore. Mais c'est quoi cet endroit de rêve?
On s'assoit sur une banquette, carré VIP obligé. Je commence à parler un peu avec Tom. Lena est parti danser avec un jeune homme assez mignon. Ma belle t'es belle quand tu rougis, t'es belle en toute circonstances. Je demandais au dreadeu pourquoi il n'était pas venu avec son frère. Qu'en général les jumeaux c'est inséparable, non ?
- Non. Enfin, plus maintenant. On se parle plus, ou peu. On échange quelques mots. Et ça s'arrête là.
- Ah...
- Tu es la seule personne que je rencontre qui ne cherche pas à savoir ce qu'il s'est passé.
- Je m'en fou un peu à vrai dire. Et vue la situation, que je le sache ou pas, ça va changer quelque chose ?
- Non.
- Alors voilà. Fin de la conversation. Je suis méchante mais pas au point de vouloir faire cracher le morceau de quelque chose qui te rend plus que triste. Moi je détruis les gens lorsqu'ils sont heureux, pas malheureux.
- Toi aussi? C'est un passe-temps?
- Non je dirais un travail à plein temps.
On se mit à rire puis Lena m'a prit par la main et on a finit par emmener Tom sur la piste de danse. On a danser toute la soirée. Faisant des aller retour sur la banquette pour prendre la coke que l'on avait trouver. Ici, personne ne se cache, tout le monde est dans le même bateau. Quelque part ça fait peur, de voir qu'il y a autant de camé sur Paris. Rien qu'au Ïne Line, la boite doit enfermé plus de 200 personnes. Tous des gens du 16 ou du 17ème. Je les connais presque tous. Tous des petits gosses de riche, fils à Papa roulant en porche coupé. Tous des abrutis. Des enculés pas capables d'avoir une copine, un boulot. Pas besoin, Papa paye tout et on en a une assez grosse pour se taper tout Passy. Et les filles. On peut pas encore dire femme. Ça s'habille chez Louis Vuiton mais ça flotte dedans. Toutes des anorexiques en puissance, bordel. Tout ça me déprime, ça me fou en l'air et j'ai l'impression que je vais vomir. Non c'est pas une impression.
Je cours vers les toilettes. La tête dans la cuvette j'ai du mal à respirer. Après avoir gerber tout l'alcool ingurgité et les quelques gâteaux manger, je ferme la cuvette et m'assois dessus. Voilà David; où j'en suis réduite. Assise sur une cuvette, à boire, fumer, prendre des merdes. Voilà. Je sais, ça te détruis toi aussi, que je sois ainsi. Je t'emmerde.
Il m'en reste un peu. Je descends, me met à genou et ouvre le sachet. En faisant passer tout ça dans mon nez, déjà bien plein, je me rappelle d'un truc. Je sais plus sur l'instant ou je l'avais lu... C'était une meuf pommée elle aussi, à Paris, je crois, elle aussi. Elle disait qu'il y avait «une théorie fumeuse qui prétendait que tant qu'on était en train de couler, on ne pouvait rien tenter, qu'il fallait attendre de toucher le fond pour donner ce petit coup de talon salutaire qui seul, permettait de remonter à la surface.»
A la surface.
8.
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Je suis désolé mon frère. Désolé pour tout tu sais. Tellement désolé. J'aurai voulu être moins con. Je voudrais tellement avoir le courage de tout arranger. Le pouvoir de revenir en arrière. Je suis désolé mon amour de frère . J'aurai tellement aimé t'aimer comme tu le voulais. T'aimer comme avant. T'aimer pour ce que tu es vraiment, et pas pour l'image que tu transmet pour remplir nos poches. Pas pour les chansons si belles que tu écris. Pour toi, uniquement toi. Le frère que tout le monde rêve d'avoir. Que tout le monde se serait arraché avant tout ça. Avant la célébrité, cette putain de célébrité. Je m'en veux, je m'en veux tellement si tu savais à quel point. Je t'en ai fais voir de toute les couleurs. J'ai abandonné. Oui je l'avoue. J'ai abandonné. Je ne me suis plus battu depuis ce jour où l'on nous a annoncer que si on faisait pas ceci ou cela, on allait couler. Nous qui crions Schrei dans le monde entier, on a pas été foutu de leur gueuler que l'on était contre tout ça. Non. On a obéis, en artiste soumis. Alors j'ai abandonné. Tu vois mon frère, je l'avais dis en tout sincérité: Mon plus beau cadeau d'anniversaire est venu 10 minutes après moi. Mon petit frère, l'homme de ma vie. Le seul, l'unique. Tu es le plus petit et c'est moi le plus fragile. Je m'étais promis de te protéger et à la place de ça je me suis plains, j'ai tout lâché. J'ai absolument tout lâché. J'ai fuis, comme un abruti. Je suis devenu la personne que je déteste aujourd'hui. Je me hais, je me méprise plus que n'importe qui. Plus que la production, plus que les médias, plus que les groupies, plus que les flash des photos. Je ne me supporte plus. Je t'assure mon jumeau, mon sang, je n'en peux plus. Je lâche prise. Je crois que j'ai fais une connerie ce soir. Une plus grosse que d'habitude. Tu pourras me pardonner j'espère. Je ne veux pas de remord, pas de regret. Tu sais, je voulais pas ; l'autre jour. Je voulais vraiment pas. Je m'en veux pour tout ce que je t'ai fais subir depuis deux ans. La drogue, le sexe et la manipulation on fait de moi un mort. Physiquement je n'arrive plus à avancer. Je ne mange plus rien, je ne dors qu'un jour sur deux. Je n'ai plus de force mon frère, je n'ai plus de force. Je sens mes yeux se fermer. J'ai peur. J'ai peur sans toi mon frère où es-tu? Qu'est-ce que j'ai fais putain. Qu'est-ce que j'ai fais? Je suis pourri. A nos coeurs qui appellent et hurlent au secours. Mais non y a plus de ciel. Et non, y a plus d'amour. Et plus que des troupeaux. Des vendus, des vautours, des vendeurs de merveilles, des joueurs de tambours. J'ai mal au coeur . Dans les deux sens du terme. J'ai autant envie de vomir que de m'enlever le coeur à coup de couteau; tellement j'ai mal. J'ai mal mon frère, j'ai trop mal. Notre lien qui est détruit depuis deux ans fait surement que, tu ne ressens pas ce que je ressens. Je suis désolé mon frère. Je me répète. Tu crois que , lorsque j'ouvrirai les yeux demain matin, je verrai les grandes prairies, là où l'on jouait quand on était petit. Tu crois? Je voudrais tellement. Je ne sais même plus comment te demander pardon. Je sais à quel point le groupe te tiens à coeur. Combien tu as lutté pour qu'on soit reconnu. Et moi? Moi je gâche tout. Jumeaux. Tu parle . Le ying et le yang, l'ange et le démon. Toi l'amour et moi la haine. Le parfait équilibre. Qui peut basculer à tout moment. Tu vois, l'amour peut tout vaincre, c'est toi qui reste. C'est moi qui part. Je t'aime tu sais. Je te l'ai pas souvent dis ces derniers mois. La drogue m'a embrouiller l'esprit et tu sais quoi? Elle m'embrouille encore. Mais je reste lucide pour finir mon texte mental d'excuse, là, couché sur le sol. Le nez en sang. Je suis désolé mon frère. Mon petit frère. Désolé d'avoir faire une connerie. La connerie. Désolé d'avoir, il y a trois mois, prit ton visage entre mes mains et t'avoir embrasser devant des milliers de fans dégoutés ou admiratives. Désolé. Désolé d'avoir fait ça pour un peu plus de popularité. Je t'en prie pardonne moi. Je ne voulais détruire personne. Ou peut être moi. Voilà c'est fait. Tu pourras dire mon frère, que Tom Kaulitz était un abruti, un lâche, un camé. Qui a aimé son frère plus n'importe qui. Qui pour qu'on lui foute la paix, à fait quelque chose d'irréfléchi. Qui pour qu'on lui foute la paix, à prit trop de coke ce soir là.
Marchons vers la lumière.